Le troisième Forum économique entre la République démocratique du Congo (RDC) et la République d’Angola s’est ouvert ce mardi à Kinshasa, sous le thème “Intégration sous-régionale et développement du commerce transfrontalier”. Les participants ont souligné l’importance de renforcer les relations économiques entre les deux pays pour promouvoir la prospérité partagée.
Le vice-Premier ninistre de l’Économie de la RDC, Daniel Mukoko Samba, a déclaré que la RDC et l’Angola partagent une histoire, une proximité géographique et une destinée économique étroitement liée. Il a souligné que le commerce informel prive les économies de ressources substantielles et freine la structuration des marchés, et a appelé à promouvoir une formation de la coopération.
La Première ministre de la RDC, Judith Suminwa Tuluka, a déclaré que le forum ne constitue pas une simple rencontre institutionnelle, mais l’expression d’un lien ancien, profond et vivant entre deux peuples. Elle a souligné que l’intégration régionale ne se mesure pas à l’intensité des discours, mais à la qualité des infrastructures et à la fluidité des échanges.
Le ninistre d’État de la Coordination économique de l’Angola, José de Lima Massano, a déclaré que l’Angola et la RDC ont un marché conjoint de environ 170 millions d’habitants et un PIB nominal combiné qui ronde les 190 millions d’habitants. Il a souligné que les transactions informelles sont intensives, mais le commerce formel entre les deux pays est assez limité, et a appelé les entrepreneurs et les investisseurs à saisir les opportunités offertes par le marché commun.
La RDC et l’Angola, partenaires pour une prospérité partagée”
La République démocratique du Congo et la République d’Angola partagent bien plus que les 2 511 kilomètres de frontières. Ils partagent une histoire, une proximité géographique et une destinée économique étroitement liée. ” Nos peuples, unis par des échanges humains, culturels et commerciaux séculaires, nous invitent aujourd’hui à bâtir un espace intégré d’opportunités et de prospérité partagée”, a fait savoir Daniel Mukoko Samba.
Selon lui, c’est dans cette dynamique que s’inscrit le thème de cette troisième édition, l’intégration sous-régionale et le développement du commerce transfrontalier.
” Ce thème revêt une importance particulière dans le contexte actuel, marqué par l’accélération du processus d’intégration économique du continent africain, notamment à travers la mise en œuvre de la zone de libre-échange continentale africaine, ZLEKA-Francie”, a-t-il dit.
Il a rappelé que les deux premières éditions de ce forum ont permis d’établir les fondations d’un dialogue économique structuré et d’identifier des axes prioritaires de coopération.
” La présente édition doit aller plus loin et doit être celle de la concrétisation”, a-t-il souhaité.
Pour le VPM de L’Economie de la RDC, trois enjeux majeurs guideront les assises de Kinshasa.
” Premièrement, la lutte contre le commerce informel. Si celui-ci traduit le dynamisme de nos populations, il prive néanmoins nos économies de ressources substantielles et freine la structuration de nos marchés. Il nous appartient de promouvoir une formation de la coopération”, a-t-il souligné.
Deuxièmement, la normalisation progressive des échanges, notamment par la simplification des procédures administratives et la mise en place d’incitations adaptées, la facilitation des paiements.
Pour Mukoko Samba, le développement du commerce bilatéral requiert des systèmes financiers modernes, fiables et accessibles.
“Les divergences d’ancrage de nos monnaies ont longtemps constitué un obstacle. La mise en place de mécanismes de paiement efficaces permettra de sécuriser les transactions, de réduire le coût et de stimuler les échanges”, a-t-il indiqué.
Et d’ajouter : “Troisièmement, la mutualisation de nos moyens pour des projets structurants. Nous en parlions tout à l’heure, M. le ministre de l’État. Nous parlions de, pourquoi pas, d’un projet commun, d’une raffinerie. Merci M. le ministre de l’État. Ce forum constitue une véritable plateforme d’affaires. Les expositions, les rencontres B2B et les échanges sectoriels doivent permettre de transformer les opportunités en partenariats concrets, créateurs de valeurs et d’emplois. Nos gouvernements attendent des résultats tangibles. Investissement, joint ventures, projets industriels et accords commerciaux. Les initiatives en cours, notamment dans les secteurs de la pêche, des hydrocarbures et de l’électricité, sont porteuses d’espoir et pourraient aboutir à des signatures importantes à l’issue de ce forum”, a-t-il martelé.
Judith Suminwa Tuluka plaide pour l’intégration sous régionale
Avant d’ouvrir les travaux, la Cheffe du gouvernement a salué la qualification des Léoparrds aux barrages intercontinentaux pour la Coupe du monde.
” Nous avons eu, je pense pour beaucoup d’entre nous, une nuit très courte avec la qualification des Léopards. Et pour moi, c’est un réel plaisir de nous voir si nombreux à ce forum qui marque l’importance pour nous, la République démocratique du Congo et la République d’Angola, de nos relations économiques, de nos relations entre nos deux pays. Donc merci à tous d’être là ce matin”, a-t-elle dit en substance.
Et de déclarer : “C’est avec un grand honneur et un profond sens de responsabilité que je prends la parole à l’occasion de l’ouverture de ce troisième forum économique entre la République d’Angola et la République démocratique du Congo. Ce forum ne constitue pas une simple rencontre institutionnelle. Entre deux États, il est avant tout l’expression d’un lien ancien, profond et vivant entre deux peuples”.
Selon la Première ministre, bien avant la formation des États modernes et des frontières héritées de l’histoire coloniale, ” nos territoires appartenaient déjà à des espaces politiques, économiques et culturels communs, comme cela a été dit par le vice-premier ministre”.
Elle a souligné que le royaume Congo, notamment, exerçait son influence sur des territoires qui correspondent aujourd’hui à l’Angola, à la République démocratique du Congo, à la République du Congo et au Gabon. L’Empire Lunda s’étendait du Katanga au Kassai jusqu’au nord-est de l’Angola. Les peuples Chokwe, quant à eux, forment encore aujourd’hui un continuum vivant reliant le sud-ouest de la République démocratique du Congo.
Le royaume Congo constitue un espace stratégique d’interconnexion entre ses différentes entités et constitue aujourd’hui une province qui a la plus longue frontière avec l’Angola. Ces espaces constituaient de véritables réseaux d’échanges reliant l’intérieur du continent aux côtes atlantiques. Les marchés facilitaient la circulation des biens. Les savoirs… et des valeurs. Une économie régionale dynamique s’y développait, fondée sur la confiance, la complémentarité et la mobilité.
Autrement dit, bien avant que l’intégration régionale ne s’impose comme un concept économique moderne, elle constituait déjà une réalité vécue par nos peuples.
” Cette mémoire commune nous rappelle une évidence. La République d’Angola et la République démocratique du Congo ne sont pas simplement deux pays voisins, ils sont liés par une histoire, une culture et un destin commun” a ajouté Judith Suminwa.
Gratuitude de l’Angola
” Au nom du gouvernement d’Angola, permettez-moi d’exprimer notre sincère gratitude aux autorités congolaises pour la réception fraternelle et chagrureuse que nous a réservée et pour avoir créé les conditions propices à cette rencontre.Nous avons participé à ce troisième Forum économique entre nos deux pays, un moment qui réaffirme la solidarité de notre coopération et l’ambition commune de construire un espace économique intégré, partagé et prospérité’, a dit le ministre d’Etat angolais, José de Lima Massano.
Pour lui, le thème orienté vers l’intégration sub-régionale et le développement du commerce et de la frontière, traduit l’option stratégique de transformer le partage historique et la proximité géographique en un vrai moteur de développement économique et de développement sustentable avec des bénéfices concrets pour les populations de deux Etats.
” C’est clairement la volonté politique de nos leaders, les présidents João Lourenço et Félix Tshisekedi Tshilombo. Encore une fois, la complémentarité de nos économies est une avantage compétitive naturelle qui doit être traduite en résultats concrets dans les domaines d’intérêt commun, comme la sécurité alimentaire, la transition énergétique, le développement et la partage d’infrastructures de transport et de logistique, l’inclusion financière et digitale ou l’intégration de chaînes de valeur”, a souligné le ministre d’Etat.
Selon ses propres dires, dans ce contexte, il est important de souligner que l’Angola vient d’implémenter un ensemble de réformes structurelles orientées sur la stabilisation de l’économie et l’amélioration de l’environnement des affaires.
“En plus d’un programme de privatisation qui comprend plus de 100 entreprises de domaine public et de simplification de procédés administratifs, nous sommes en train de réaliser des investissements importants dans les infrastructures énergétiques, rurales, ferroviaires et aéroportuaires, améliorant la capacité logistique et productive du pays”, a-t-il comclu. La clôture de ce forum sera sanctionnée par des recommandations enrichissantes.
Mutuma Kuamba
