La cérémonie de vernissage de l’ouvrage intitulé « 40 ans de praxis managériale dans le transport multimodal en RDC et en Afrique » de M. Anatole Kikwa Mwata Mukabwa a réuni à Kinshasa plusieurs personnalités du secteur des transports, des mandataires publics, des partenaires internationaux et des membres de la famille de l’Office de gestion du fret multimodal (OGEFREM).
Pendant plus de quatre décennies, l’auteur a occupé des fonctions de direction au sein de l’OGEFREM et à la tête de l’Union des Conseils des Chargeurs Africains (UCCA). L’ouvrage se veut un témoignage et un héritage pour les générations futures.
Plusieurs intervenants ont salué le parcours de l’auteur, décrit comme un négociateur rigoureux, axé sur les résultats et le respect des engagements.
« Pendant 10 ans, nous avons collaboré avec M. Anatole. Nous sommes un peu les victimes de sa manière de négocier parce que ça a toujours été très très dur d’avoir les réunions techniques avec les différents techniciens de l’Office de gestion du fret multimodal. Mais ce qui est important c’est que c’était toujours axé sur le résultat, sur l’implémentation, sur être concret », a témoigné un partenaire privé, se présentant comme faisant partie de la famille de l’OGEFREM.
Il a ajouté : « Quand quelque chose était décidé, même si nous ou lui n’étions pas à 100% contents, on a toujours respecté les engagements les uns vers les autres. C’est comme cela que les choses avancent. »
L’intervenant a encouragé l’auteur à poursuivre son apport intellectuel, soulignant que « la RDC est un pays qui a besoin encore de beaucoup d’intelligence dans le domaine des transports et dans le domaine du transport multimodal, d’autant plus du fait de votre situation géographique que c’est Dieu qui vous l’a donné ».
Représentant le ministre des Transports, un de ses anciens collaborateurs a, pour sa part, recommandé la lecture de l’ouvrage à l’envers, en commençant par les pages 193 à 197, où, selon lui, se trouve l’essentiel de la vision prospective.
« Moi je vous recommande très humblement, quand vous aurez acheté cet ouvrage, de commencer par la page 193. En quatre pages et demie, le ministre Justin Kalumba y a postfacé de manière remarquable », a-t-il conseillé.
Évoquant son parcours depuis 2012 comme conseiller au ministère des Transports, il a retenu de l’homme sa constance : « Avant le mandat, pendant le mandat et après le mandat, il est resté le même ».
Il s’est interrogé : « Et s’il n’avait pas écrit, il nous aurait privés de cet important héritage pour les générations futures ». Il a plaidé pour que tous les mandataires du secteur des transports ayant exercé 5, 20 ou 40 ans écrivent leur praxis managériale avec un clin d’œil sur la multimodalité.
Le cœur de la cérémonie a été l’hommage rendu au nom de l’UCCA par son Directeur général, M. Abakar Fougou Abdourahman, et du Conseil national des chargeurs du Cameroun.
« On m’a confié ce jour une mission périlleuse : rendre hommage en dix minutes à un homme qui n’a jamais réussi à dire quoi que ce soit en moins de quarante », a-t-il lancé sous les rires du public.
Il a salué la performance managériale réalisée à la tête de l’UCCA : le triplement de la cotisation statutaire annuelle, passée de 10.000 à 35.000 dollars américains, sans provoquer de crise.
« Dans n’importe quelle organisation du monde, tripler une cotisation sans provoquer une émeute est déjà une performance. Le faire en obtenant en prime des applaudissements relève d’un art que la littérature de management n’a pas encore su nommer. Nous proposons à titre amical l’expression la méthode Kikwa », a-t-il déclaré.
Cette augmentation, a-t-il expliqué, a été le socle financier qui a permis à l’UCCA de sortir d’une existence protocolaire pour devenir une organisation d’action, avec des programmes en faveur des chargeurs africains et une présence institutionnelle accrue aux Nations Unies.
Il a également souligné la réactivation du Conseil des chargeurs de la République centrafricaine et de la Guinée-Bissau, et les discussions engagées avec la Guinée équatoriale et le Cap-Vert.
Dans son mot de clôture, M. Anatole Kikwa est revenu sur ses réalisations et ses conseils pour l’avenir. Il a cité la construction en cours du siège de la Direction générale à Ndolo, la construction d’un hôpital de 60 lits, la commande de 25 véhicules en Chine et l’acquisition de bus et chariots.
Sur le plan de la gestion, il a prêché la gestion rigoureuse du budget en trois volets : trésorerie, fonctionnement et investissement. « C’est une mal gouvernance si le volet investissement n’est pas actionné », a-t-il insisté, déplorant que l’entreprise n’ait pas pu investir depuis son départ.
Il a plaidé pour la création d’un centre de formation en transport multimodal à Banana, de ports secs et d’aires de stockage à Kasumbalesa et à Banana, et a insisté sur l’importance stratégique de deux corridors : le corridor de Lobito, long de 1.400 km jusqu’à Sakania, pour l’évacuation des minerais du Katanga, et le corridor de Banana, long de 3.300 km, qui octroie une souveraineté à la RDC.
Pour que ce dernier fonctionne, il a appelé à la prolongation du chemin de fer de Matadi à Banana, à la création d’une route à 4-6 bandes et à la réhabilitation de l’aéroport de Banana à Muanda, à l’approche de l’inauguration du port en eau profonde prévue avant la fin du mandat du Chef de l’État.
