Plainte de Katebe Katoto contre Moïse Katumbi : une “tentative de manipulation de la justice”, dénonce JUSTICIA Asbl

Congo Nouveau
4 Min Read

L’affaire familiale et financière qui oppose Raphaël Katebe Katoto à son jeune frère Moïse Katumbi Chapwe prend une tournure judiciaire et politique. Dans une correspondance officielle datée du 14 septembre 2026, l’ONG de défense des droits humains JUSTICIA Asbl, basée à Lubumbashi, a saisi directement le Premier Président de la Cour de Cassation à Kinshasa/Gombe. L’objet : dénoncer une “tentative de manipulation de la justice” contre l’opposant Moïse Katumbi.

Le document, dont les accusés de réception par les chancelleries occidentales ont fuité ce jeudi 15 septembre, a été transmis pour information au Comité des droits de l’homme de l’ONU, à la Cour Africaine des droits de l’homme, ainsi qu’aux Ambassades des Etats-Unis, de France et de Belgique.

A l’origine, un rapport explosif

JUSTICIA Asbl affirme avoir été alertée par un rapport d’enquête publié le 3 août 2026 par un site, intitulé : « Maléfique collaboration entre Raphaël KATEBE KATOTO et le pouvoir de Kinshasa pour livrer à l’instrumentalisation de la justice son jeune frère Moïse KATUMBI CHAPWE en vue d’obtenir la spoliation des biens acquis par ce dernier et d’entacher son casier judiciaire ». « La gravité de cette dénonciation a bien entendu retenu notre attention et, depuis lors, nous suivons de très près ce dossier dont nous attendons les preuves des allégations de Monsieur Raphaël KATEBE KATOTO », écrit Me Timothée Mbuya, Président de l’organisation.

Des droits de la défense bafoués ?

Pour l’ONG, la procédure est entachée de graves irrégularités. Elle affirme que Moïse Katumbi n’aurait pas eu l’occasion de présenter sa version des faits, étant dans l’impossibilité de le faire en raison de l’exil auquel il aurait été contraint à la suite du dossier des prétendus travaux effectués sur la piste de Mulonde.

JUSTICIA révèle surtout que l’opposant aurait procédé à un changement d’adresse, notifié par son conseil au Parquet Général de Lubumbashi par lettre du 13 juin 2025, avec notification en bonne et due forme auprès de l’autorité compétente de la Ville de Lubumbashi. Une notification qui aurait été ignorée. « Ne dit-on pas que l’injustice faite à un seul est une menace pour tous ? […] Comment, avec autant d’irrégularités, peut-on s’imaginer, dans un État qui se dit de droit, obtenir la participation ou la collaboration de la Cour de Cassation pour l’impliquer dans des violations quasi affreuses de la loi et même de la Constitution ? », s’interroge Me Mbuya.

L’organisation met en garde contre un possible « outrage aux Magistrats de la Cour » de la part de ceux qui saisissent la haute juridiction « de cette manière et dans ces conditions ».

Le symptôme d’une justice malade

Au-delà de ce dossier, JUSTICIA y voit le symptôme d’un mal plus profond.

Alors que le Chef de l’État Félix Tshisekedi a lui-même qualifié la justice congolaise de « malade », l’affaire Katoto-Katumbi illustrerait, selon l’ONG, une dérive inquiétante : celle d’une justice sous tutelle politique.

Un plaidoyer pour une justice indépendante. Car, rappelle l’ONG, la responsabilité des dirigeants face à ce mal n’est pas de l’aggraver en cherchant à influencer les tribunaux, mais de garantir qu’elle puisse exercer, en toute indépendance, la mission que lui confèrent la Constitution et les lois de la République.

« La RDC n’a pas besoin d’une justice de vainqueurs. Elle a besoin d’une justice de citoyens », conclut l’organisation.

Share This Article
Leave a Comment

Leave a Reply

Your email address will not be published. Required fields are marked *