Le Docteur Denis Mukwege a appelé dimanche, à l’occasion du 27ème anniversaire du massacre de Kasika au Sud-Kivu, à la mise en œuvre effective du Rapport Mapping des Nations Unies et à des poursuites judiciaires contre les auteurs des crimes commis en République démocratique du Congo (RDC) durant les trois dernières décennies.
Le gynécologue et Prix Nobel de la Paix 2018 s’est exprimé dans une déclaration rendue publique ce 24 août, date de commémoration de ce massacre survenu en 1998 dans le territoire de Mwenga.
« Nous appelons la République démocratique du Congo et la communauté internationale à mettre en œuvre les recommandations du Rapport Mapping des Nations unies, à enquêter sur les crimes commis au cours des trente dernières années et à poursuivre leurs auteurs et leurs commanditaires, qu’ils soient congolais ou étrangers, membres de groupes armés ou responsables étatiques », a déclaré le Dr Mukwege. Pour le fondateur de l’Hôpital de Panzi, le massacre de Kasika demeure l’un des symboles les plus tragiques de l’impunité qui prévaut dans l’Est du pays. Plus d’un millier de personnes avaient été tuées le 24 août 1998, lors d’une attaque attribuée à des groupes armés.
Le Dr Mukwege a insisté sur la nécessité de briser le cycle de l’impunité en poursuivant non seulement les exécutants, mais aussi les donneurs d’ordres, quelle que soit leur nationalité ou leur fonction actuelle.
Cet appel intervient alors que le gouvernement congolais a intensifié son offensive diplomatique pour la reconnaissance du génocide à l’Est de la RDC et la création d’un tribunal pénal international pour la RDC. Le Rapport Mapping, publié en 2010 par le Haut-Commissariat des Nations Unies aux droits de l’homme, documente 617 incidents graves de violations des droits humains et du droit international humanitaire commis entre mars 1993 et juin 2003.
Le document recommandait notamment la mise en place de mécanismes de justice transitionnelle, dont la création d’une juridiction mixte et l’établissement d’une commission vérité et réconciliation.
Malgré plusieurs résolutions et plaidoyers, la plupart de ces recommandations restent à ce jour non appliquées. Le massacre de Kasika, au même titre que ceux de Makobola, de Mwenga ou de bien d’autres localités du Sud-Kivu, continue de nourrir la demande de justice et de réparation portée par les survivants et les organisations de défense des droits humains.
