C’est une révolution silencieuse qui vient de commencer. Sous le haut patronage du Président de la République, Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo, la République Démocratique du Congo a procédé, lundi 05 octobre 2026, au lancement officiel du Programme de Cartographie Géophysique Aéroportée et Géologique (PC2G-RDC).
La cérémonie de lancement, à haute portée stratégique, s’est déroulée en présence du vice-Premier Ministre de l’Intérieur Jacquemain Shabani, du Ministre des Mines, de l’Ambassadrice d’Espagne en RDC et de plusieurs autres invités de marque.
Un scandale géologique réparé
Paradoxe d’un géant géologique, la RDC, pourtant considérée comme un scandale géologique mondial, ne connaît avec précision qu’environ 20% de son immense patrimoine minier.
Le PC2G-RDC vient corriger cette anomalie historique. Coordonné techniquement par le Service Géologique National du Congo (SGN-C), dirigé par son Directeur Général Fabrice Wazenga Vitima, ce programme est placé sous la tutelle du Ministère des Mines. Il est financé à 100% sur fonds propres par le Fonds Minier pour les Générations Futures (FOMIN) et exécuté en collaboration avec le leader mondial espagnol Xcalibur Multiphysics Group SL.
8 avions pour scanner le Congo pendant 36 mois
Concrètement, pendant 36 mois, 8 aéronefs équipés de technologies de pointe vont survoler le territoire national pour acquérir des données magnétiques, radiométriques, gravimétriques et électromagnétiques.
Les premières phases concerneront le Kongo Central, le Kwango, le Kwilu, le Grand Kasaï et le Grand Katanga, avant de s’étendre à l’ensemble du territoire national. Les données aériennes seront ensuite croisées avec des travaux géologiques de terrain pour une interprétation de haute précision.
A part l’acquisition des données, le programme prévoit un transfert massif de compétences et la formation de géologues, chercheurs, techniciens et étudiants congolais.
Louis Watum: «Nous investissons dans la connaissance»
Dans son allocution, le ministre des Mines, Louis Watum Kabamba, a donné le sens historique de ce lancement.
« L’étape que nous franchissons aujourd’hui revêt une portée stratégique particulière. Nous investissons aujourd’hui dans la connaissance pour réduire demain le coût, le risque et le temps nécessaires à l’exploration », a-t-il déclaré.
Et d’ajouter : « Mieux connaître pour mieux décider, mieux explorer pour mieux valoriser, mieux valoriser pour créer davantage de valeur et d’emplois. La connaissance du sous-sol doit permettre à l’Etat de mieux connaître son patrimoine, aux investisseurs de mieux apprécier les opportunités, et aux Congolais de mieux préparer la valorisation de leurs propres ressources. »
Le PC2G-RDC n’est pas un simple projet technique. C’est un pilier de la vision du Chef de l’Etat, mise en œuvre sous la coordination de la Première Ministre Judith Suminwa Tuluka : faire de la connaissance scientifique un levier de souveraineté, de transformation économique et de création d’emplois.
Avec ce programme, la RDC ne se contente plus d’être un réservoir de matières premières. Elle devient un pays qui connaît, qui maîtrise et qui décide de l’avenir de ses ressources.
