Alors que l’Est de la République démocratique du Congo traverse une nouvelle séquence d’incertitude sécuritaire, consécutive à la signature, le jeudi 4 décembre dernier, d’un accord avec le Rwanda sous l’égide des États-Unis d’Amérique, représentés par leur président Donald Trump, la situation sur le terrain s’est brutalement détériorée.
Moins d’une semaine après cet engagement diplomatique, Paul Kagame, qualifié par certains observateurs d’« Hitler africain », défie ouvertement la première puissance militaire mondiale en violation de l’accord signé, en s’emparant de la ville d’Uvira, dans la province du Sud-Kivu. Une question centrale se pose alors : qui est réellement derrière le Rwanda ?
Plusieurs sources concordantes indiquent que les États-Unis d’Amérique joueraient un double jeu.
Selon le magazine Investig’Action, le prétendu plan de paix Rwanda–Congo porté par Donald Trump ne serait rien d’autre qu’un mécanisme de pillage organisé. « Il n’aura pas fallu une semaine pour que la milice M23, agent du Rwanda, relance la guerre, s’empare de la ville stratégique d’Uvira et plonge la population dans une nouvelle panique », rapporte le média.
Pour comprendre les causes profondes de cette résurgence du conflit, Investig’Action invite à examiner les multinationales impliquées dans le pillage des ressources congolaises.
« Ce sont des sociétés mondialement connues pour leurs profits, mais aussi pour leurs scandales », explique Michel Collon, présentateur du magazine, citant notamment Rio Tinto, géant minier anglo-australien présent dans 35 pays, accusé de pollutions massives, de violations des droits humains et de destruction de sites sacrés.
Il pointe également BlackRock et Vanguard, décrits comme les deux principaux actionnaires indirects de cette guerre. Très discrets, ces fonds figurent pourtant parmi les plus grands groupes financiers mondiaux, déjà actifs en Ukraine, à Gaza et dans d’autres zones de souffrance.
« Vous trouverez leur portrait détaillé dans mon livre Ukraine, la guerre des images », précise Michel Collon.
Le journaliste cite aussi Ivanhoe, société canadienne, qui, à l’instar de BlackRock et Vanguard, cumule de lourds antécédents dans plusieurs pays où elle est implantée : expulsions de populations, corruption et conditions de travail abusives.
À cette “bande organisée”, agissant aux côtés de Paul Kagame et du Rwanda, s’ajoutent America First Global, dirigée par Gentry Beach, proche de Donald Trump et souvent aperçu aux côtés de Donald Trump Jr.
Glencore, géant anglo-suisse du cuivre et du cobalt en RDC, fournisseur de Tesla, est également mis en cause. Accusée de travail des enfants, condamnée à 1,5 milliard de dollars d’amendes aux États-Unis pour corruption et manipulation des marchés, la multinationale coopérerait avec le régime de Kigali afin d’accroître ses profits. Alliée au fonds souverain d’Abu Dhabi, elle est aussi accusée de piller et d’armer des milices au Soudan.
Dans Investig’Action, Michel Collon révèle enfin l’implication d’Alpha Moon Resorts, société canadienne récemment rachetée par un holding des Émirats arabes unis. Il évoque des personnalités controversées telles qu’Eric Prince, fondateur de Blackwater, impliqué dans des massacres à Bagdad et recruté pour sécuriser des sites miniers ; Brian Ballard, lobbyiste américain lié au président Trump ; ainsi que Massad Boulos, conseiller de Donald Trump pour l’Afrique et beau-père de Tiffany Trump.
En conclusion, Michel Collon affirme que Donald Trump servirait les intérêts des pires multinationales américaines.
« Il vient d’ailleurs d’éliminer une loi qui réprimait leurs abus. La population congolaise est volée par Trump. Mais je ne vous ai pas tout dit. Il y a aussi un nouveau venu : la société Cobold Metals, avec des actionnaires pour le moins étonnants », déclare-t-il.
Il convient de rappeler qu’au moment de la signature de cet accord, plusieurs observateurs avertis avaient déjà prédit que cette initiative de Donald Trump ne constituerait pas une réponse adéquate à une guerre d’agression que subit la République démocratique du Congo depuis plus de trente ans.
Réputée comme un véritable scandale géologique, la RDC compte neuf pays voisins. Parmi eux, les multinationales anglo-saxonnes auraient porté leur choix stratégique sur le Rwanda, en instrumentalisant un dossier socio-historique autour de la communauté Banyamulenge (Tutsis congolais), afin de permettre à Paul Kagame de multiplier les incursions armées, de massacrer des populations bantoues congolaises, de piller les ressources et de s’approprier des terres. Un rôle qu’il aurait accepté, se posant en défenseur autoproclamé de cette communauté, alors que le monde entier sait que la RDC est composée de plus de 450 communautés vivant historiquement en coexistence.
Plusieurs sources attribuent cette guerre, qualifiée de génocide économique en RDC (Genocost), à des figures occidentales majeures, notamment l’ancien président américain Bill Clinton, l’ancien Premier ministre britannique Tony Blair et l’ancien ministre belge des Affaires étrangères, Louis Michel.
Kinshasa doit impérativement se réveiller et réfléchir à une stratégie souveraine capable d’apporter une paix réelle et durable.
Pourquoi les multinationales anglo-saxonnes privilégient-elles les minerais du sang, plutôt que des minerais propres, négociés de manière transparente avec l’État congolais ?