Eurobond de 1,25 milliard $ : le député Éric Tshikuma exige transparence et résultats

Mutuma Kuamba
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Le premier eurobond de la République démocratique du Congo, d’un montant de 1,25 milliard USD, marque une étape « historique » pour le pays, mais son succès dépendra de la transparence dans l’utilisation des fonds. C’est le message porté lundi par le député Éric Tshikuma Mwimbayi, élu de la Funa dans la ville de.Kinshasa, qui annonce un contrôle parlementaire rigoureux sur les ressources levées.

Intervenant dans la foulée de l’interpellation initiée par son collègue Guy Mafuta, qui exigeait des éclaircissements du ministre des Finances Doudou Fwamba, Éric Tshikuma a recadré le débat autour de la portée politique et économique de l’opération. « L’eurobond de 1,25 milliard USD n’est pas qu’une opération technique : c’est un signal fort. La RDC n’est plus seulement un “risque” à gérer, elle devient un partenaire crédible sur les marchés internationaux », a-t-il déclaré.

Pour l’élu, cette entrée sur le marché international de la dette est le résultat des réformes conduites sous le leadership du président Félix-Antoine Tshisekedi. Il cite l’amélioration des notations souveraines attribuées par S&P et Moody’s, la maîtrise de la soutenabilité de la dette publique et la stabilisation du cadre macroéconomique. Des signaux qui, selon lui, ont modifié la perception des investisseurs étrangers à l’égard de la RDC, longtemps jugée trop risquée.

Des retombées attendues sur le réel

Au-delà du symbole, le député Tshikuma insiste sur les effets concrets attendus. L’accès à des financements plus compétitifs doit permettre de lancer des projets structurants dans les infrastructures et l’énergie, avec un impact direct sur la croissance, l’emploi et les conditions de vie. Routes, énergie, logistique : les secteurs cités sont ceux où le déficit d’investissement pénalise l’économie congolaise depuis des décennies.

Mais l’élu de la Funa appelle à la prudence. « Il y a lieu de maintenir le cap et faire davantage », prévient-il, rappelant que la crédibilité retrouvée reste fragile. Il exhorte le Gouvernement de la Première ministre Judith Suminwa à poursuivre les réformes structurelles pour consolider la confiance des marchés.

Le Parlement en vigie

C’est sur la gouvernance des fonds que le député a été le plus ferme. Sous la conduite de son président Aimé Boji, l’Assemblée nationale entend « exercer un contrôle rigoureux et un suivi assidu de la réalisation des projets structurants financés par cet emprunt obligataire ». Objectif affiché : garantir « transparence, bonne gouvernance et utilisation optimale de chaque dollar mobilisé ».

« Le véritable enjeu est désormais clair : transformer davantage cette confiance internationale en résultats tangibles dans la vie de chaque citoyen », a martelé Éric Tshikuma. Pour lui, la réussite de l’eurobond ne se mesurera pas à la levée de fonds, mais à la capacité de l’État à livrer des infrastructures, à créer des emplois et à améliorer le quotidien.

L’opération place donc la RDC face à ses responsabilités. Entre euphorie des marchés et exigences de redevabilité, le Parlement se pose en gardien de la promesse : faire de ce premier eurobond le début d’un cycle vertueux, et non une dette de plus.

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