La tension est montée d’un cran hier mardi 25 novembre au Stade des Martyrs, à Kinshasa. En colère suite à plusieurs mois d’impaiement, les agents du ministère des Sports et Loisirs affectés à l’entretien et à l’administration de ce complexe sportif ont démonté les poteaux du terrain, brûlé des pneus, saccagé des archives administratives et barricadé les bureaux.
Ces fonctionnaires dénoncent treize années d’arriérés de primes, estimées à 60 000 francs congolais par mois. Après des années de promesses non tenues, ils affirment avoir été à bout de patience et décidé de passer à l’action pour exiger leur paiement.
« Même pas cinq cadres de l’administration de ce ministère sont véhiculés, alors que des personnes extérieures, comme les présidents de fédérations, le sont. Nous, rien du tout. Trop c’est trop », a lancé un agent, visiblement excédé, selon un média en ligne.
Le mouvement de protestation s’est également étendu au stade Tata Raphaël, où un match a dû être interrompu à cause des actions des manifestants. Face à la misère de ces agents, le régime de Félix Tshisekedi a préféré effectuer des dépenses de prestige en singeant la stratégie de soft power du Rwanda en offrant un contrat d’environ 60 millions d’euros pour financer trois clubs européens, à savoir le FC Barcelone, l’AS Monaco et l’AC Milan. Ces contrats prévus jusqu’en 2028 permettent à ces clubs de bénéficier du Trésor public de la RDC un montant de 44 millions d’euros, environ 4 millions d’euros et 14 millions d’euros. Pourtant au pays, le sport a été délaissé, le championnat national évolue en dents de scie, le football d’âge reste inexistant et le peu de terrains de jeu qui avaient vu autrefois les Dieumerci Mbokani émerger ont été fermés tels que le terrain de Delvaux ou celui de Municipal à Bandal. Une condamnation à mort du football local que personne n’arrive à comprendre. Et pendant ce temps, Tshisekedi, lui, profite des binationaux des Léopards et se réjouit de leurs exploits. Des exploits qui n’émanent aucunement de sa politique sportive.