Retrait des troupes rwandaises annoncé pour le 15 juillet : Washington floué par Kigali 

Congo Nouveau
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À l’échéance de la mi-juillet fixée dans le cadre des engagements pris sous l’égide des États-Unis, une question demeure au centre des préoccupations à Kinshasa comme dans les capitales de la région : le retrait des troupes rwandaises du territoire congolais sera-t-il effectivement réalisé dans les délais annoncés ? A ce 15 juillet, aucun militaire rwandais n’a quitté le sol congolais. Au contraire, ces troupes continuent d’appuyer l’offensive de l’AFC/M23 dans les provinces du Nord-Kivu et du Sud-Kivu, principalement dans les territoires de Mwenga, Kalehe et Fizi.    

Pourtant, cette échéance de mi-juillet constituait l’un des premiers tests majeurs de crédibilité de l’accord de paix signé entre la République démocratique du Congo et le Rwanda à Washington. Et surtout, de la fiabilité de la parole donnée par le secrétariat d’Etat américain. « En ce qui concerne la RDC et le Rwanda, ils ont signé un accord de paix. Malheureusement, celui-ci n’est pas bien respecté. Nous avons dû imposer quelques sanctions. Du côté rwandais, nous commençons à observer un certain respect de l’accord. Les choses avancent, même si ce n’est pas assez rapide. Nous espérons que le retrait des troupes rwandaises de la région sera effectif d’ici le milieu du mois prochain [mi-juillet]. Bien sûr, il reste encore la question du M23 à résoudre », avait déclaré Marco Rubio devant la Commission des Affaires étrangères de la Chambre des représentants des États-Unis en juin dernier. A ce 15 juillet, Washington se trouve de nouveau floué par Kigali.  

Un engagement sous forte pression internationale

L’accord conclu à Washington, avec l’appui des États-Unis, prévoit notamment le retrait des forces rwandaises du territoire congolais, parallèlement à des engagements sécuritaires de la RDC concernant la neutralisation des groupes armés, dont les FDLR.

Pour Washington, ce calendrier devait démontrer que les deux parties étaient prêtes à passer des engagements politiques aux actes concrets. Les États-Unis ont d’ailleurs fait du respect de cette feuille de route un élément essentiel de leur stratégie diplomatique dans la région des Grands Lacs.

Mais, à la veille de l’échéance, aucune annonce officielle ne confirme que le retrait est totalement achevé. Les autorités rwandaises restent discrètes, tandis que Kinshasa observe avec prudence, consciente que les précédents accords de paix ont souvent été freinés par des divergences d’interprétation sur leur mise en œuvre.

Le défi de la vérification

L’une des principales difficultés réside dans la vérification effective du retrait. Qui certifiera que toutes les troupes concernées ont effectivement quitté le territoire congolais ? Selon quels mécanismes ? Les observateurs internationaux disposeront-ils d’un accès suffisant aux zones concernées ? Dans les conflits de l’Est de la RDC, les mouvements de troupes sont souvent difficiles à documenter en temps réel. Plusieurs experts rappellent qu’un retrait militaire ne se résume pas à un simple franchissement de frontière. Il implique également la cessation de tout soutien logistique, opérationnel ou indirect aux groupes armés présents sur le terrain. Ce qui n’est pas non plus le cas avec le Rwanda et ses supplétifs de l’AFC/M23. Autrement dit, même en cas de retrait physique d’unités militaires, la communauté internationale attendra des preuves que toute forme d’appui aux rebelles a effectivement cessé.

Kinshasa entre vigilance et retenue

Du côté congolais, les autorités évitent pour l’instant toute déclaration prématurée. Le gouvernement privilégie une attitude prudente, préférant attendre les rapports des mécanismes de suivi avant de tirer des conclusions. Une réaction trop rapide, qu’elle soit optimiste ou accusatrice, pourrait fragiliser le processus diplomatique en cours. Cette retenue traduit également une leçon tirée des nombreuses initiatives régionales passées. Plusieurs accords signés depuis plus de vingt ans avaient suscité beaucoup d’espoir avant d’être rapidement remis en cause par la reprise des combats.

Depuis plusieurs années, Kigali rejette les accusations de présence militaire en RDC ou de soutien au M23, malgré les conclusions de plusieurs rapports d’experts internationaux. La mise en œuvre des engagements pris à Washington est donc également un test de crédibilité pour les autorités rwandaises auprès de leurs partenaires occidentaux. Un retrait effectif permettrait au Rwanda de démontrer sa volonté de participer à une désescalade régionale et renforcerait sa position diplomatique. À l’inverse, tout retard ou toute ambiguïté risquerait d’alimenter les critiques et de compliquer ses relations avec certains partenaires internationaux, notamment les Etats-Unis en particulier.

Le rôle déterminant des États-Unis

Les États-Unis apparaissent comme le principal garant politique de ce calendrier. Leur crédibilité est elle aussi en jeu. Après avoir investi un important capital diplomatique dans le rapprochement entre Kinshasa et Kigali, Washington devra démontrer que les engagements obtenus sont réellement suivis d’effets.

Si le retrait n’était pas constaté dans les délais prévus, l’administration américaine pourrait être amenée à intensifier sa pression diplomatique ou à encourager un calendrier révisé, afin d’éviter que l’accord ne perde sa dynamique dès ses premières semaines. Au fond, la date de la mi-juillet constitue davantage une étape qu’un aboutissement. 

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