L’ancien Premier ministre de la République démocratique du Congo Samy Badibanga Ntita a clarifié sa position sur les corridors économiques de la RDC, tranchant pour une priorité accordée au port en eau profonde de Banana, sans « délaissement » du Kasaï ni opposition au Couloir de Lobito.
« Ce n’est pas Banana contre Lobito, c’est Banana en priorité », a insisté l’homme d’État, en réponse aux inquiétudes sur une possible marginalisation du centre du pays. Pour lui, l’enjeu est national et relève de la souveraineté et de la sécurité.
Samy Badibanga plaide pour l’élaboration d’un Masterplan qui hiérarchise les projets structurants. Dans cette planification, « les routes du Kasaï s’y intégreront » afin de désenclaver l’espace grand-Kasaï et de le connecter aux pôles économiques. Mais la priorité stratégique doit revenir à Banana, qu’il veut voir devenir « le hub central de la République démocratique du Congo ».
Ce hub devra s’appuyer sur des zones industrielles et des plateformes multimodales orientées vers la façade atlantique, puis vers les marchés régionaux. L’objectif est de doter le pays d’une porte maritime souveraine, capable de réduire la dépendance aux ports étrangers et de sécuriser les importations comme les exportations.
Quant au Couloir de Lobito, qui relie la RDC à l’Angola et au port de Lobito, Samy Badibanga estime qu’il reste complémentaire. Il permettra d’évacuer les minerais du Katanga et du Lualaba, mais ne saurait remplacer la nécessité d’un accès direct à la mer sous pavillon congolais.
L’ex-Premier ministre appelle donc à une approche intégrée : Banana d’abord pour l’indépendance logistique, Lobito et les routes du Kasaï ensuite pour l’interconnexion nationale et régionale.
