Le ministre délégué près le ministre de la Défense nationale, chargé des Anciens combattants, Eliezer Tambwe, a présenté le bilan de sa première année d’action gouvernementale, mettant en lumière les réformes engagées en faveur des anciens combattants, les mesures de protection de leur patrimoine, l’amélioration progressive de leur prise en charge sociale ainsi que les avancées enregistrées dans le processus de désarmement et de réinsertion des ex-combattants impliqués dans le phénomène Mobondo dans l’espace Grand Bandundu.
Le ministre a rappelé que la création d’un ministère délégué spécifiquement consacré aux anciens combattants traduit la volonté du Président de la République, Félix Antoine Tshisekedi Tshilombo, de redonner à cette catégorie de citoyens la reconnaissance et l’attention qu’elle mérite, après avoir servi la Nation sous les drapeaux.
L’identification biométrique au cœur de la réforme
Au cours de cette première année, le Gouvernement a lancé un vaste processus d’identification biométrique des anciens combattants afin d’assainir le fichier national et de disposer de données fiables pour une meilleure prise en charge.
Selon Eliezer Tambwe, cette opération s’inscrit dans une stratégie reposant sur quatre axes prioritaires : l’identification, la gestion du patrimoine, la prise en charge sociale et médicale ainsi que la réforme du cadre juridique.
Le ministre a expliqué que cette identification vise avant tout à distinguer les véritables anciens combattants des personnes qui se réclament indûment de ce statut. Il a cité plusieurs cas d’irrégularités constatés lors des missions de terrain, notamment à Kinshasa et au Kasaï Oriental, où les effectifs déclarés étaient largement supérieurs au nombre réel des anciens combattants présents.
Des missions d’identification se poursuivent dans plusieurs provinces du pays afin de constituer un fichier biométrique crédible.
Une opération nationale de récupération des biens des anciens combattants
Parallèlement au processus d’identification, le ministère s’est engagé dans une campagne nationale d’identification, de récupération, de sécurisation et de valorisation du patrimoine des anciens combattants.
Le ministre a indiqué que de nombreuses concessions appartenant historiquement aux anciens combattants ont été spoliées au fil des années, particulièrement à Kinshasa, mais également à Matadi, Lubumbashi et Likasi.
Agissant sur décision du Conseil des ministres, le Gouvernement mène actuellement des actions administratives et judiciaires pour récupérer ces patrimoines et préserver les droits des anciens combattants face aux occupations irrégulières et aux conflits fonciers.
Des réponses sociales et médicales en attendant les solutions durables
Dans le volet social, plusieurs mesures d’urgence ont été engagées pour améliorer les conditions de vie des anciens combattants.
Le ministère a obtenu la mise en place d’une cantine populaire, en collaboration avec le Service national, afin de répondre aux besoins alimentaires de cette catégorie sociale.
Une équipe mobile de secours médical a également été constituée pour intervenir directement au domicile des anciens combattants malades, dans le but de réduire les difficultés liées au transport et à l’accès aux structures sanitaires.
Le Gouvernement travaille en outre sur un projet de construction d’un hôpital de référence dédié aux anciens combattants, inspiré des modèles observés notamment au Maroc et en France.
Vers l’adoption du statut des anciens combattants
Sur le plan législatif, le ministre a présenté comme une avancée majeure le projet de loi portant statut des anciens combattants.
Ce texte, déjà adopté à l’unanimité par l’Assemblée nationale et actuellement en commission pour toilettage, permettra de définir officiellement le statut d’ancien combattant, de préciser les droits qui y sont attachés et d’organiser la prise en charge des différentes catégories concernées.
Le ministre a également rappelé que les blessés de guerre relèvent d’une procédure distincte, gérée par le Secrétariat général à la Défense nationale, avant leur transfert éventuel vers le Secrétariat général aux Anciens combattants conformément au futur cadre légal.
Le phénomène Mobondo : douze missions de terrain pour le désarmement
S’agissant de la situation sécuritaire dans le Grand Bandundu, Eliezer Tambwe a expliqué que le Président de la République lui a confié la coordination des actions liées au phénomène Mobondo, en collaboration avec les Forces armées de la République démocratique du Congo.
Le ministère a commencé par identifier les différents acteurs impliqués dans le conflit avant d’engager un travail de sensibilisation et de dialogue en faveur du dépôt volontaire des armes.
Selon le ministre, douze missions de terrain ont déjà été effectuées dans les zones concernées. Elles ont permis à plusieurs membres des groupes Mobondo de répondre à l’appel de l’État et d’accepter le processus de désarmement.
Plus de 590 ex-combattants orientés vers la réinsertion
Dans le cadre du programme de désarmement, démobilisation et réinsertion, le ministre a annoncé que 596 personnes ont été transférées au centre de Kanyama Kasese pour bénéficier de formations.
D’autres ex-combattants restent encore en cantonnement à Kinshasa ainsi que dans plusieurs territoires, en attendant leur orientation vers des formations professionnelles ou d’autres filières de réinsertion.
Le ministre a précisé que le Gouvernement privilégie une réinsertion civile plutôt qu’une intégration automatique dans les Forces armées, afin de favoriser une réintégration durable dans la société.
Le dialogue communautaire comme garantie d’une paix durable
Au-delà du désarmement, le Gouvernement prépare l’organisation de forums de dialogue entre les communautés Teke et Yaka, durement affectées par le conflit Mobondo.
Ces rencontres doivent permettre aux communautés concernées d’échanger sur les causes profondes des violences, d’identifier les responsabilités et de construire une réconciliation durable.
Le ministre a également dénoncé les discours d’incitation à la haine et les tentatives de récupération politique du conflit, indiquant que les services compétents sont mobilisés pour identifier les personnes qui alimentent ces tensions, y compris depuis l’étranger.
Des perspectives centrées sur la reconnaissance des héros nationaux
Présentant les perspectives du Gouvernement, Eliezer Tambwe a annoncé la pose prochaine de la première pierre d’un grand monument dédié aux anciens combattants à Lubumbashi, destiné à honorer celles et ceux qui ont servi la République.
Le Gouvernement prévoit également :
- la construction d’un hôpital national de référence pour les anciens combattants ;
- la création de logements dignes réservés aux anciens combattants ;
- l’acquisition de nouveaux espaces d’accueil et de repos pour cette catégorie de citoyens ;
- la duplication des cimetières militaires « Repos du Soldat » dans plusieurs provinces du pays.
Le ministre a indiqué que ces infrastructures permettront d’offrir aux anciens combattants des conditions de vie conformes à leur engagement au service de la Nation.
Préserver la mémoire des héros de la République
Le ministère poursuit également un travail de valorisation de la mémoire des anciens combattants congolais.
À Uvira, le Gouvernement a procédé à la réhabilitation de la tombe du premier sergent Mbavu Moya, figure historique de la Force publique, et œuvre pour la préservation de sa résidence en tant que patrimoine national.
Le ministre a aussi annoncé un projet d’hommage aux soldats congolais enterrés en Égypte, en collaboration avec les autorités égyptiennes et belges, ainsi que l’exhumation du corps de Mamadou Ndala pour lui rendre les honneurs militaires dans un cadre plus approprié.
Enfin, Eliezer Tambwe a rappelé que le Chef de l’État a ordonné la régularisation des allocations de fin de carrière de plusieurs anciens combattants, estimant que la reconnaissance de leurs droits constitue un devoir de la République et un signal fort adressé aux générations appelées à défendre le pays.
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