Aveu de Kagame sur le M23 : l’ARDEV-A exige le retrait immédiat des troupes rwandaises

Mutuma Kuamba
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L’Alliance pour la Rupture et le Développement et Alliés (ARDEV-A) a condamné avec fermeté lundi 21 juillet 2026 les propos tenus par le Président rwandais Paul Kagame, y voyant « l’aveu public d’une agression » contre la République Démocratique du Congo. La plateforme politique s’est aussi prononcée sur le Dialogue national Inclusif convoqué par le Chef de l’Etat.

Dans un communiqué de presse signé par son Président National ad intérim, Me John Mbaya Ntita, l’ARDEV-A fait référence au discours du 17 juillet 2026 à Kigali, lors d’une réunion du bureau politique du Front Patriotique Rwandais (FPR).

Kagame lie le sort du Rwanda à celui du M23

Pour l’ARDEV-A, c’est une première. « Le Président sanguinaire Kagame a publiquement assumé ce que la RDC et la communauté internationale dénoncent depuis plus de trois décennies : le lien organique entre l’Etat rwandais et le mouvement terroriste du M23 », écrit la plateforme.

Elle cite notamment cette phrase : « faire disparaître le M23, c’est aussi vouloir faire disparaître le Rwanda ». Pour Me John Mbaya Ntita, il s’agit d’une « politique d’agression, d’occupation et de déstabilisation contre la RDC » qui viole la Charte des Nations Unies et l’Acte Constitutif de l’Union Africaine.

L’ARDEV-A rejette aussi la justification avancée par Kigali sur la situation des Banyamulenge. « Aucune identité ne peut servir de prétexte à l’invasion d’un Etat souverain », tranche le communiqué.

Soutien au Dialogue de Tshisekedi et au message du Cardinal Ambongo

Sur le plan intérieur, l’ARDEV-A salue l’annonce de la convocation du Dialogue national inclusif par le Président Félix Antoine Tshisekedi Tshilombo.

La plateforme salue également la rencontre du 16 juillet entre le Chef de l’Etat et les confessions religieuses, conduite par le Cardinal Fridolin Ambongo, Archevêque de Kinshasa. Lors de cette audience, le Cardinal a « réaffirmé l’engagement des Eglises à accompagner toute démarche visant la paix et la cohésion nationale » tout en « dénonçant pour la première fois l’agression rwandaise », selon l’ARDEV-A.

« L’ARDEV-A souscrit pleinement à cette vision patriotique et républicaine portée par les Eglises et le Chef de l’Etat », indique le texte.

Pas de criminels de guerre à la table du dialogue

Mais l’ARDEV-A pose une condition claire : « l’inclusivité ne peut pas signifier l’impunité ».

La plateforme exclut toute participation au dialogue des personnes « qui ont pris les armes contre la République » et « qui sont sanctionnées par les Nations Unies, les Etats-Unis et l’Union Européenne pour crimes de guerre, crimes contre l’humanité et pillage des ressources ».
« Intégrer les responsables du M23/AFC et leurs soutiens reviendrait à légitimer l’occupation et à trahir la mémoire des millions de victimes congolaises », prévient Me John Mbaya Ntita.

4 exigences posées par l’ARDEV-A

Face à ce qu’elle qualifie d’aveu, l’ARDEV-A formule 4 exigences.
D’abord, le retrait immédiat et sans condition des troupes rwandaises du territoire congolais ;
Puis, la cessation de tout soutien* politique, militaire et logistique au M23; puis encore
la saisine des instances internationales pour qualifier les actes du Rwanda d’agression; et enfin
un dialogue national souverain*, sans ingérence étrangère et sans participation des entités sanctionnées.

Pour terminer, l’ARDEV-A réaffirme « son soutien total aux Institutions de la République et aux FARDC ». « Le peuple congolais n’acceptera jamais qu’on négocie son territoire, ni qu’on impose la paix sous la menace des armes. Le temps des dénis est révolu. Le temps de la responsabilité a commencé », conclut le communiqué.

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