Dossier de reddition des FDLR : Kinshasa veut un appui de Brazzaville

Congo Nouveau
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Reçu mercredi 30 septembre 2026 à Brazzaville par le président Denis Sassou Nguesso, le ministre de l’Intégration régionale, Floribert Anzuluni, jouait sur deux tableaux à la fois : sécuritaire et diplomatique.

Porteur d’un message du président Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo, l’émissaire congolais est venu faire le point sur l’un des dossiers les plus sensibles du processus de paix dans l’est de la RDC : la démilitarisation, la démobilisation et le cantonnement volontaire des combattants des Forces démocratiques de libération du Rwanda (FDLR).

Brazzaville, une étape calculée

Le choix de Brazzaville n’a rien d’anodin. En soulignant que « le président Denis Sassou Nguesso est très engagé sur les questions de sécurité dans la région », Floribert Anzuluni a rappelé le rôle de doyen et de facilitateur régional que revendique le chef de l’État congolais.

Pour Kinshasa, il s’agit d’une démarche stratégique. Alors que le processus de reddition volontaire et de cantonnement des FDLR peine à aboutir sur le terrain, la RDC a besoin de s’assurer le soutien de ses voisins. Tenir Brazzaville informé, c’est chercher à verrouiller l’accompagnement régional et éviter que le dossier ne soit instrumentalisé.

C’est aussi un signal envoyé à Kigali : Kinshasa montre qu’il avance sur l’une des principales exigences rwandaises – la neutralisation des FDLR – considérée comme préalable à toute désescalade durable dans l’Est.

L’ombre de Makotipoko

Si le cœur de l’entretien portait sur les FDLR, l’autre sujet, tout aussi délicat, était en filigrane : les incidents survenus récemment à Makotipoko, sur la rive congolaise du fleuve.

Sur ce point, le ministre s’est montré d’une extrême prudence : « Je ne suis pas habilité à rentrer dans les détails », avant d’ajouter que le dossier est « géré au niveau requis ».

Une formule diplomatique qui en dit long. Elle confirme que l’affaire, qui a suscité de vives réactions dans les deux capitales, est prise au sérieux et traitée au plus haut sommet pour éviter qu’elle n’envenime les relations fraternelles que Kinshasa et Brazzaville ne cessent de mettre en avant.

En insistant sur le caractère « fraternel » des relations, Anzuluni a voulu désamorcer toute tension. Le message est clair : le dialogue bilatéral prime sur la polémique.

Double enjeu pour Kinshasa

Cette visite illustre la nouvelle doctrine de Kinshasa : mener de front la gestion du conflit à l’Est et la préservation de ses alliances régionales.

D’un côté, faire avancer le processus DDR des FDLR pour crédibiliser son engagement pour la paix. De l’autre, contenir les frictions avec la République du Congo pour éviter l’ouverture d’un autre front diplomatique sur le fleuve.

À Brazzaville, Floribert Anzuluni n’est donc pas simplement venu rendre compte. Il est venu s’assurer que le Congo reste un partenaire, et non un spectateur, du fragile processus de paix dans l’est de la RDC.

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