Afrique : La carte des conflits qui continuent de déchirer le continent

Congo Nouveau
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L’Afrique compte 54 États souverains. Toutefois, tous ne sont pas confrontés à des conflits armés. Si plusieurs pays vivent dans une stabilité relative, d’autres continuent de subir les conséquences de guerres civiles, d’insurrections djihadistes, de rébellions séparatistes ou de violences communautaires qui, pour certaines, perdurent depuis plusieurs décennies.

En Afrique du Nord, la Libye reste divisée depuis la chute du régime de Mouammar Kadhafi en 2011. Les affrontements opposent principalement les autorités rivales et plusieurs groupes armés soutenus par des acteurs étrangers. Au Soudan, la guerre déclenchée en avril 2023 oppose l’armée dirigée par le général Abdel Fattah al-Burhan aux Forces de soutien rapide (FSR) du général Mohamed Hamdan Dagalo, dit « Hemedti ».

Dans la Corne de l’Afrique, la Somalie affronte depuis près de deux décennies l’insurrection djihadiste des Shebab, affiliés à Al-Qaïda. L’Éthiopie, après la guerre du Tigré (2020-2022), demeure confrontée à des violences dans plusieurs régions, notamment Amhara et Oromia.

En Afrique Centrale, la République Démocratique du Congo reste l’un des pays les plus touchés par les conflits armés. Depuis près de trente ans, plus de cent groupes armés opèrent principalement dans l’Est du pays. Parmi les plus connus figurent le M23, dirigé notamment par Bertrand Bisimwa sur le plan politique et Sultani Makenga sur le plan militaire, les ADF, affiliés au groupe État islamique, la CODECO, les FDLR ainsi que plusieurs milices locales. Les Nations unies et plusieurs gouvernements occidentaux accusent le Rwanda d’apporter un soutien au M23, ce que Kigali continue de contester. La République centrafricaine fait également face, depuis 2013, à des rébellions menées par différentes coalitions armées, notamment la Coalition des patriotes pour le changement (CPC).

Au Sahel, le Mali lutte contre des groupes affiliés à Al-Qaïda et à l’État islamique depuis 2012. Le Burkina Faso connaît une insurrection djihadiste depuis 2015, tandis que le Niger fait face aux mêmes organisations armées depuis plusieurs années, malgré les changements intervenus à la tête de l’État.

En Afrique de l’Ouest, le Nigeria combat depuis 2009 Boko Haram, fondé par Mohammed Yusuf puis dirigé après sa mort par Abubakar Shekau, avant les divisions internes du mouvement. Le pays fait également face à la branche ouest-africaine de l’État islamique (ISWAP). Le Cameroun est confronté, depuis 2017, à une rébellion séparatiste dans ses régions anglophones, en plus des attaques de Boko Haram dans l’Extrême-Nord.

Au Mozambique, la province de Cabo Delgado est le théâtre d’une insurrection djihadiste depuis 2017, menée par le groupe Ahlu Sunnah wal Jamaa, affilié à l’organisation État islamique.

Dans plusieurs autres pays, notamment le Tchad, le Soudan du Sud et certaines zones frontalières du Bénin, du Togo ou de la Côte d’Ivoire, des attaques de groupes armés ou terroristes demeurent une préoccupation sécuritaire, même si elles ne prennent pas toujours la forme d’une guerre civile.

À l’inverse, de nombreux États africains ne connaissent actuellement aucune rébellion armée majeure sur leur territoire. C’est notamment le cas de l’Afrique du Sud, de l’Algérie, de l’Angola, du Botswana, du Cap-Vert, des Comores, de Djibouti, de l’Égypte, de l’Eswatini, du Gabon, de la Gambie, du Ghana, de la Guinée-Bissau, de la Guinée équatoriale, du Kenya, du Lesotho, du Liberia, de Madagascar, du Malawi, de l’île Maurice, de la Mauritanie, du Maroc, de la Namibie, de l’Ouganda, du Rwanda, de Sao Tomé-et-Principe, du Sénégal, des Seychelles, de la Sierra Leone, de la Tanzanie, de la Tunisie, de la Zambie et du Zimbabwe, même si certains d’entre eux restent confrontés à des défis sécuritaires ponctuels ou à des risques terroristes dans certaines zones.

Au total, les conflits armés qui persistent sur le continent sont alimentés par des facteurs multiples : rivalités politiques, tensions ethniques, contrôle des ressources naturelles, extrémisme violent, faiblesse des institutions, ingérences étrangères et trafics transfrontaliers. Si leur durée varie de quelques années à plusieurs décennies, leurs conséquences restent les mêmes : pertes en vies humaines, déplacements massifs de populations, ralentissement du développement économique et crises humanitaires qui continuent de fragiliser une partie de l’Afrique.

L’Union Africaine consciente de cette situation n’arrive pas à proposer des solutions alternatives pour que l’Afrique soit en paix et qu’il parvienne à appliquer ses différents projets de développement. À ce jour, il reste au bas de l’échelle en dépit des efforts que fournissent ces enfants.

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