Les Belges Elio Di Rupo et Hilde Vautmans leur soutien à la RDC : Deux eurodéputés appellent l’UE à sanctionner Kabila et le Rwanda

Mutuma Kuamba
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Deux députés européens belges, Elio Di Rupo (S&D) et Hilde Vautmans (Renew), appellent l’Union européenne à rompre son silence face à la guerre dans l’Est de la République démocratique du Congo (RDC), dans un communiqué commun daté du 13 octobre. Intitulé “Les vies congolaises ont la même valeur que les vies ukrainiennes. L’Europe doit sortir de son silence”, le communiqué dénonce une tragédie humanitaire de plus de trente ans passée sous les radars internationaux.
Les deux eurodéputés dressent un bilan alarmant : environ 18,5 millions de personnes ont besoin d’une aide humanitaire, 26,5 millions sont confrontées à une insécurité alimentaire aiguë et jusqu’à 6,4 millions sont déplacées à l’intérieur du pays, selon les Nations unies. Le bilan cumulé des guerres depuis les années 1990 se chiffre en millions de morts.

“Face à une telle catastrophe, l’Europe ne peut détourner le regard. Si la guerre en Ukraine mobilise légitimement notre attention, cela ne peut justifier un deux poids, deux mesures”, écrivent-ils. Ils estiment que “la solidarité européenne ne peut pas dépendre de la géographie des conflits ni de leur visibilité médiatique”, soulignant que cette différence de traitement porte atteinte à la crédibilité de l’Union européenne sur la scène internationale.

Kabila accusé de franchir un cap

Au cœur de leur interpellation figure l’annonce par l’ancien président Joseph Kabila de la création du Front pour la refondation de la nation (FRN), un mouvement politico-militaire incluant le M23.

“En s’associant au M23 et en créant un nouveau mouvement politico-militaire, Joseph Kabila franchit un pas supplémentaire. Il s’associe à une rébellion armée et revendique ouvertement le recours à la force pour renverser le pouvoir de Kinshasa, par tous les moyens, y compris la force”, dénonce le communiqué.

Pour les deux élus, le M23, soutenu directement par le Rwanda, est responsable de graves exactions contre les populations civiles. Un ancien président qui prend la tête d’une coalition armée “contribue directement au risque d’embrasement du pays”, au-delà du seul conflit territorial de l’Est. C’est, selon eux, la stabilité de toute la RDC et de la région des Grands Lacs qui est en jeu.

Le Rwanda appelé à respecter l’accord de Washington

Le communiqué pointe également le rôle du Rwanda et de son président Paul Kagame. Il rappelle l’accord de Washington signé le 27 juin 2025 sous l’égide des États-Unis et avec la médiation du Qatar, qui prévoit la neutralisation des FDLR mais aussi le désengagement des forces rwandaises et la levée de ses mesures défensives.

“Ces obligations sont liées et doivent être mises en œuvre de manière coordonnée et vérifiable. Le Rwanda ne peut dissocier la neutralisation des FDLR du retrait de ses forces de la RDC et de la fin de son soutien au M23”, insistent les députés.

“Condamner ne suffit pas”

Face à cette escalade, Di Rupo et Vautmans jugent le silence européen “assourdissant”. “L’inaction n’est pas une option. Condamner ne suffit pas, et les lamentations sont stériles !”, lancent-ils.

Ils exigent que l’Union européenne passe des paroles aux actes : sanctions ciblées contre les responsables de la déstabilisation, à commencer par Joseph Kabila et les dirigeants de son mouvement, mais aussi contre les responsables rwandais qui soutiennent le M23, renforcement de l’action diplomatique et amplification de l’aide humanitaire.

“La crédibilité de l’Europe se mesure aussi à sa capacité à faire respecter les accords de paix qu’elle défend. La population congolaise n’a que trop souffert. Elle a droit à la paix”, conclut le communiqué.

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