Depuis le départ de Vital Kamerhe du perchoir de l’Assemblée nationale en septembre 2025, le malaise gagne progressivement le personnel administratif et politique de la chambre basse du Parlement. Retards de paiement, arriérés de salaires, baisse des rémunérations et désormais des interrogations autour des indemnités de sortie : le climat social se serait considérablement dégradé. Une situation qui pousse certains collaborateurs à regretter ouvertement l’ère Kamerhe.
L’arrivée d’Aimé Boji Sangara à la présidence de l’Assemblée nationale avait pourtant suscité de nombreux espoirs. Mais quelques mois après son accession au perchoir, les témoignages recueillis auprès de certains agents et collaborateurs dessinent un tableau beaucoup moins reluisant.
Des salaires qui se font attendre
Dans plusieurs cabinets politiques, le mécontentement monterait progressivement. Des collaborateurs dénoncent des retards dans le paiement de leurs rémunérations ainsi que des difficultés dans la prise en charge de leurs conditions de travail.
À cela s’ajouterait une baisse significative des salaires dans certains cabinets.
Un membre d’une cellule de communication affirme, par exemple, avoir touché 1 000 dollars américains sous Vital Kamerhe, contre une rémunération qui varierait désormais entre 200 et 400 dollars sous la nouvelle administration.
Ces montants, qui nécessitent encore d’être documentés et confirmés officiellement, donnent néanmoins la mesure du sentiment de déclassement exprimé par certains membres du personnel politique.
Pour ces derniers, la question n’est plus seulement celle du niveau des rémunérations, mais également de la régularité des paiements.
Les indemnités de sortie, un autre dossier qui fait grincer des dents
Aux dernières nouvelles, un autre dossier particulièrement sensible devrait également interpeller le cabinet du président de l’Assemblée nationale : les indemnités de sortie des anciens membres des cabinets de Vital Kamerhe et de Dominique Munongo.
Neuf mois après leur départ, plusieurs anciens collaborateurs seraient toujours dans l’attente du paiement de leurs droits.
Ces derniers attendraient désespérément de rentrer en possession de leur argent, alors que les indemnités de sortie sont censées accompagner la fin des fonctions des membres concernés.
Le cabinet d’Aimé Boji est ainsi attendu sur ce dossier. Les anciens collaborateurs concernés souhaitent notamment savoir ce qui bloque le paiement de leurs indemnités et dans quel délai leurs droits seront effectivement réglés.
Cette situation pourrait accentuer les critiques sur la gestion des ressources humaines au sein de l’Assemblée nationale.
Vital Kamerhe déjà regretté ?
Le contraste avec la période Vital Kamerhe est désormais régulièrement évoqué par certains anciens collaborateurs.
Selon leurs témoignages, les retards et arriérés auxquels ils seraient aujourd’hui confrontés n’étaient pas aussi fréquents sous l’ancien président de l’Assemblée nationale.
Une comparaison qui nourrit naturellement la nostalgie chez certains membres du personnel.
Pour eux, le problème dépasse désormais les considérations politiques. Il s’agit de salaires, d’indemnités et, au-delà, de moyens de subsistance pour des travailleurs et leurs familles.
L’heure des explications
Face à ces témoignages, des explications du Bureau de l’Assemblée nationale apparaissent nécessaires.
Combien de mois de salaires sont actuellement dus au personnel administratif et politique ?
Qu’en est-il réellement des indemnités de sortie des anciens collaborateurs des cabinets Kamerhe et Munongo ?
Pourquoi ces droits n’ont-ils toujours pas été liquidés neuf mois après leur départ ?
Et surtout, quelles dispositions le Bureau compte-t-il prendre pour régulariser la situation ?
Autant de questions qui méritent des réponses précises et transparentes.
Car derrière les chiffres, les tensions politiques et les querelles de gestion, ce sont des travailleurs et leurs familles qui sont directement concernés.
À l’Assemblée nationale, le malaise social semble ainsi prendre de l’ampleur. Et dans certains couloirs du Palais du peuple, un nom revient de plus en plus : Vital Kamerhe. L’ancien speaker serait-il déjà devenu, pour une partie du personnel, le président de chambre que l’on regrette le plus ?
Mwenye Kiti
