De la guerre à la reconstruction : Félix Tshisekedi au centre de la nouvelle trajectoire congolaise

Congo Nouveau
7 Min Read

Le 22 juillet constitue une date historique pour la République démocratique du Congo. Pour la première fois, le pays assurera la présidence tournante du Conseil de sécurité des Nations unies et présidera une réunion de haut niveau consacrée à la restructuration de la gouvernance mondiale des ressources naturelles. Le débat public sera dirigé par le président de la République, Félix Tshisekedi.

Dans un contexte marqué par la crise sécuritaire persistante dans l’est du pays, cette tribune internationale permettra à la RDC de porter encore plus haut sa voix afin d’exiger, conformément aux Accords de Washington et aux résolutions des Nations unies, le retrait des troupes rwandaises du territoire congolais. Elle offrira également l’occasion de s’appuyer sur les récents rapports du Groupe d’experts des Nations unies ainsi que sur les alertes d’organisations internationales crédibles concernant le rôle du Rwanda dans ce conflit.

Au-delà de cette échéance diplomatique, le principal mérite du chef de l’État réside dans sa capacité à avoir mis en lumière le véritable agresseur de la RDC et à avoir progressivement amené la communauté internationale à reconnaître les causes profondes de cette guerre qui menace la souveraineté nationale. Cette reconnaissance internationale, combinée à la montée en puissance des FARDC et à la multiplication des projets d’infrastructures économiques et sociales, place aujourd’hui Félix Tshisekedi au cœur du projet de transformation du Congo.

Les vraies raisons de la guerre sont désormais établies

L’agression militaire du Rwanda contre la RDC, menée sous couvert de groupes armés successifs, de l’AFDL à l’AFC-M23, constitue depuis plus de trente ans la principale menace pesant sur l’est du pays. Elle demeure la cause fondamentale d’un conflit qui fragilise la souveraineté nationale et alimente les craintes de balkanisation.

Les justifications autrefois avancées par Kigali — la menace des FDLR, la discrimination des populations tutsies ou encore la question des réfugiés — ne convainquent plus. Grâce à une diplomatie particulièrement active, la RDC est progressivement revenue au premier plan de la scène internationale.

Dès la résurgence des combats en novembre 2021, le président Félix Tshisekedi a multiplié les interventions devant les instances internationales, notamment à la tribune des Nations unies, en désignant clairement le Rwanda comme agresseur direct et en dénonçant le pillage systématique des ressources naturelles congolaises. Il a constamment affirmé que le M23 n’était que le prolongement de l’armée rwandaise.

À l’époque, peu d’observateurs avaient accordé du crédit à ses déclarations lorsqu’il évoquait l’implication de son prédécesseur à la tête de l’AFC-M23. Pourtant, cette offensive diplomatique a fini par produire des résultats concrets.

La communauté internationale a progressivement modifié sa lecture du conflit. Cette évolution s’est notamment traduite par la levée de l’embargo sur les armes destiné à la RDC, l’adoption de nouvelles résolutions des Nations unies, la conclusion des Accords de Washington adossés au processus de Doha, ainsi que par des sanctions visant le Rwanda et certaines personnalités congolaises.

Les débats politiques internes face aux réalités sécuritaires

Dans ce contexte, les accusations selon lesquelles une éventuelle révision de la Constitution constituerait la principale menace de balkanisation ne résistent pas à l’analyse.

L’AFC-M23, soutenue par le Rwanda, occupe déjà depuis plusieurs mois d’importantes portions des provinces du Nord-Kivu et du Sud-Kivu. Cette occupation constitue une atteinte directe à l’intégrité territoriale de la RDC et une violation manifeste de plusieurs dispositions de la Constitution, notamment les articles 52, 63 et 64.

Pourtant, ni la C64 ni la CENCO ne concentrent prioritairement leurs critiques sur le Rwanda ou sur l’AFC-M23, malgré les crimes commis dans les zones occupées. Aucune mobilisation majeure n’a été organisée pour dénoncer directement cette occupation militaire.

La plainte annoncée puis reportée par la C64 contre le président de la République aurait pourtant dû permettre d’éclairer l’opinion publique sur les éléments susceptibles de caractériser le prétendu « coup d’État constitutionnel » invoqué par ses initiateurs.

À l’inverse, certains observateurs estiment que l’alinéa 2 de l’article 64 de la Constitution pourrait être invoqué contre ceux qui chercheraient à renverser les institutions par des actions à caractère insurrectionnel. Dans cette perspective, la marche prévue le 22 juillet, avec pour objectif annoncé le Palais de la Nation, pourrait être interprétée comme une tentative de créer des incidents au moment même où la RDC s’exprime devant le Conseil de sécurité des Nations unies.

Deux lectures sont alors possibles : soit cette mobilisation vise à provoquer une crise politique susceptible d’attirer l’attention de la communauté internationale, soit elle risque de détourner l’attention de la voix officielle de la RDC lors de cette importante échéance diplomatique.

Au cœur du projet de transformation de la RDC

Au-delà de la dimension sécuritaire, le président Félix Tshisekedi inscrit son action dans un projet plus large de transformation du pays.

La montée en puissance des Forces armées de la République démocratique du Congo s’accompagne d’investissements importants dans les infrastructures économiques et sociales. Selon cette vision, ces efforts constituent les fondements d’une paix durable et d’un développement attendu par la population congolaise.

L’ancien ministre belge André Flahaut a récemment salué plusieurs avancées réalisées sous ce mandat, tout en rappelant les nombreux défis auxquels demeure confronté un pays aux dimensions continentales. Il a notamment évoqué la gratuité de l’enseignement primaire, la gratuité des accouchements, les investissements dans les universités et le secteur de la santé, la modernisation de certains aéroports ainsi que le retour de la RDC sur le devant de la scène diplomatique internationale.

Les importants travaux routiers engagés à Kinshasa illustrent également cette dynamique. Ils visent à fluidifier la circulation, à désenclaver plusieurs communes longtemps isolées et à renforcer les liaisons entre différents quartiers de la capitale. Des projets similaires sont également menés dans plusieurs provinces.

Selon cette lecture, les réalisations enregistrées au cours des huit années de présidence de Félix Tshisekedi seraient supérieures à celles accomplies sous les précédents régimes, notamment ceux du maréchal Mobutu et de Joseph Kabila.

Share This Article
Leave a Comment

Leave a Reply

Your email address will not be published. Required fields are marked *