Alors que Félix Tshisekedi a annoncé qu’il attendait recevoir les invitations de la Maison Blanche pour rencontrer son homologue rwandais Paul Kagame, ce dernier n’entend pas les choses de cette oreille. Il a vertement critiqué le manque de constance de Félix Tshisekedi en matière d’engagement.
“Conclure une affaire avec Tshisekedi… C’est quelque chose de difficile. Je mets quiconque au défi, toute personne ayant déjà traité avec lui, d’en témoigner. Vous concluez un accord avec lui, et à peine sorti de la porte, il nie tout ce que vous avez décidé. “Oh non, je n’ai jamais dit ça !” Avec lui, hum… », a déclaré le président rwandais, Paul Kagame.
Entre les deux hommes, il s’installe un dialogue des sourds, y compris entre les deux gouvernements qui ont toujours eu du mal à parler le même langage après avoir pris des engagements bilatéraux.
Lors d’une interview accordée mercredi 12 novembre 2025 à Radio France Internationale (RFI), le porte-parole du gouvernement de la République démocratique du Congo a posé des conditions claires à la mise en œuvre de l’accord de paix signé avec le Rwanda à Washington, D.C. ainsi que le processus de Doha, en cours au Qatar.
Patrick Muyaya, ministre de la Communication et porte-parole du gouvernement congolais, est revenu sur deux piliers diplomatiques récents : l’Accord de Washington – signé le 27 juin 2025 entre la RDC et le Rwanda – et le processus de Doha entamé plus récemment entre Kinshasa et le mouvement rebelle AFC/M23. Selon le ministre, le président ne peut pas aller signer la paix à Washington sans qu’on puisse constater que les troupes rwandaises se sont retirées du sol congolais. Il a ainsi souligné que l’accord de Washington, bien qu’engageant sur le papier le retrait des forces rwandaises et la coopération sécuritaire conjointe, reste conditionné à des actions tangibles sur le terrain.
En parlant de ce processus de Washington et de Doha, Patrick Muyaya a indiqué qu’il y a des progrès malgré des combats constatés sur le terrain et que le gouvernement n’était pas en train de vendre du vent aux Congolais. « Il y a toujours une distance entre le moment où nous signons et le moment où les choses se mettent en place. Nous connaissons la détermination des occupants. Mais il ne faut pas oublier que nous avons une médiation qui suit ce qui se passe sur le terrain. Il ne faut pas oublier que les médiateurs disposent d’autres leviers qui peuvent servir de pression pour nous assurer que nous atteignons les objectifs que nous poursuivons. […] Attention, nous ne vendons pas du vent parce qu’il y a des progrès. », a-t-il réagi.