Le secteur minier congolais reste au cœur de plusieurs interrogations, notamment autour du contrôle des concessions de cuivre et de cobalt, de la présence d’hommes armés sur certains sites et des réseaux d’exploitation illégale.
En 2026, Africa Intelligence a rapporté des investigations visant notamment des responsables militaires des FARDC et de la Garde républicaine dans des affaires liées au pillage présumé de concessions d’Eurasian Resources Group (ERG). En juillet, le président Félix Tshisekedi avait ordonné le retrait des militaires et policiers déployés illégalement sur les sites miniers ainsi que le démantèlement des réseaux de fraude et d’exploitation illégale.
Malgré ces directives, des accusations persistent concernant la dépossession de certains propriétaires fonciers et miniers, au profit, selon leurs témoignages et certaines allégations, de personnes proches du pouvoir ou de hauts responsables militaires devenus hommes d’affaires. La Gécamines est également accusée, par certains propriétaires miniers, de passivité face à ces situations. Ces accusations nécessitent toutefois d’être établies au cas par cas.
Ces développements interviennent dans un contexte où les intérêts autour des minerais stratégiques évoluent également. Au-delà des questions de contrôle et de sécurité des concessions, le cadre juridique congolais impose également des obligations précises aux exploitants.
Article 281 du Code minier : attention au risque d’impunité
L’article 281 prévoit une indemnisation lorsque l’occupation d’un terrain prive les ayants droit de la jouissance du sol ou le rend impropre à la culture.
Le cas de la société KPM Mining, qui mènerait clandestinement des activités minières sur la concession d’une ferme située à Likasi, précisément entre Kambove et Katinda,soulève de sérieuses interrogations.
Selon les éléments rapportés, ces activités sont menées au détriment des droits légitimes du propriétaire foncier et en violation flagrante des dispositions de l’article 281 du Code minier, qui encadrent notamment l’indemnisation des ayants droit lorsque l’occupation d’un terrain les prive de la jouissance du sol
Elle se sert des prête-noms pour mener ces activités depuis plusieurs années, tandis que certains protagonistes cherchent à s’abriter derrière des personnes influentes ou utilisent le nom de la famille présidentielle. Ces faits portent atteinte aux droits des propriétaires fonciers ternissent l’image du pouvoir et des institutions publiques.
Dans les mêmes proportions, on met notamment en cause la société Golden African Resources SARL. Les responsabilités de chaque partie, y compris celles des éventuels partenaires ou intervenants doivent être clairement établies par les autorités compétentes
La Gécamines, en tant qu’acteur majeur du secteur minier, est appelée à jouer pleinement son rôle dans le respect et le suivi de l’application des dispositions légales. Son absence de réaction face à des allégations de cette nature alimente le sentiment d’impunité et appelle des clarifications sur les responsabilités des différents acteurs concernés.
Les accusations et soupçons rapportés par certains médias ou formulés par des acteurs du secteur concernent principalement certaines personnes présentées comme proches de l’entourage du pouvoir. On ne saurait assimilé cela à une implication personnelle du chef de l’État. Ces allégations, qui demandent à être établies au cas par cas, soulèvent néanmoins des interrogations sur les réseaux d’influence dans le secteur minier et appellent des clarifications ainsi qu’une application rigoureuse des règles encadrant l’exploitation des ressources minières en RDC.
