L’AFDC/Bahati promet de traduire Otto Bahizi en justice

Mutuma Kuamba
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Une crise interne secoue l’Alliance des Forces Démocratiques du Congo (AFDC). Les membres fondateurs du parti ont officiellement désavoué le sénateur Modeste Bahati Lukwebo et annoncé la mise en place d’un comité de crise dirigé par Otto Bahizi.

Cette décision a été rendue publique lors d’un point de presse organisé à l’hôtel Rotana, dans la commune de la Gombe, à Kinshasa. Au cours de cette rencontre avec la presse, les membres fondateurs et plusieurs cadres du parti ont vivement critiqué la gestion de Modeste Bahati Lukwebo, l’accusant notamment d’avoir pris des positions politiques sans consulter les organes statutaires du parti.

Les intervenants ont particulièrement évoqué la sortie médiatique du président national de l’AFDC du 4 mars dernier, au cours de laquelle il s’était exprimé sur la question de la révision de la Constitution. Selon les fondateurs, ces propos s’écarteraient de la ligne politique de l’Union sacrée de la nation, plateforme politique soutenant le président Félix Tshisekedi.

Les signataires de la déclaration ont également dénoncé ce qu’ils qualifient de “gestion autocratique” du parti, reprochant au sénateur Bahati de confondre le patrimoine privé avec celui du parti et de maintenir une opacité dans la gestion administrative et financière.

Mise en place d’un comité de crise

Face à cette situation, les membres fondateurs ont décidé de mettre en place un comité de crise chargé de préserver les acquis du parti au sein de l’Union sacrée et de restaurer la cohésion interne. Ce comité aura notamment pour mission de préparer et d’organiser un congrès extraordinaire du parti dans un délai jugé raisonnable.

À la tête de cette structure, les fondateurs ont désigné Otto Bahizi, l’un des cofondateurs de l’AFDC, qui assume les fonctions de président du comité de crise et de président national du parti par intérim. Il sera assisté par quatre cadres issus notamment de l’Assemblée nationale, du Sénat et d’autres institutions publiques.

Otto Bahizi charge Bahati Lukwebo

Prenant la parole à son tour, Otto Bahizi a accusé Modeste Bahati Lukwebo d’avoir transformé l’AFDC en un “parti familial”. Il a affirmé que les membres fondateurs avaient décidé d’écarter toute personne qui s’éloignerait de la philosophie politique du parti et de l’Union sacrée.

Selon lui, la décision vise à “recadrer” la formation politique et à préserver son caractère national. Il a également annoncé que le comité de crise entreprendra des démarches auprès de l’autorité morale de l’Union sacrée afin de réaffirmer l’engagement du parti au sein de la plateforme présidentielle.

Malgré les tensions internes, Otto Bahizi a insisté sur le fait qu’il n’y avait pas d’implosion de l’AFDC, mais plutôt une volonté de réorganiser le parti et de restaurer la confiance entre ses dirigeants. Il a enfin indiqué que le comité de crise allait engager une réorganisation complète des structures du parti en attendant la tenue d’un congrès extraordinaire qui devra clarifier la direction et l’avenir de l’AFDC.

Mise en garde sevère du SG de l’AFDC

Face à la nomination de Otto Bahizi, le Secrétaire gênéral de l’AFDC, Guy-Richard Malongo, a réagi farouchement affirmé avoir instruit les avocats de saisir la justice pour ce qu’il qualifie “des actions de personnes non reconnues qui ne représentent pas le parti”.

Dans un communiqué l’Alliance des Forces Démocratiques du Congo publié par le Secrétariat Général du parti, il informe le public, les membres du parti et les partenaires politiques de certaines préoccupations.
D’abord, le parti a remarqué que quelques personnes, qui se disent fondatrices du parti, font des déclarations sans autorisation. Cela signifie qu’ils parlent au nom du parti sans être vraiment autorisés à le faire.

Puis le communiqué de M. Malongo rappelle que seules les personnes officiellement désignées et les instances reconnues peuvent représenter le parti. Cela veut dire que pour parler au nom du parti ou prendre des décisions, il faut avoir un rôle officiel.

Conséquences des actions Non autorisées

Autre chose, le communiqué dit clairement que
les actions de ces personnes non reconnues ne représentent pas le parti. Selon ledit communiqué, le parti ne se sent pas lié par ce qu’ils disent ou font.

Le parti promet d’engager des avocats pour prendre des mesures judiciaires contre ces individus. Cela signifie qu’ils vont probablement les poursuivre en justice pour protéger leur réputation et leur intégrité.

Raison pour laquelle, le Secrétariat général de l’AFDC appelle tous les membres à rester vigilants et à respecter les règles du parti. Cela est important pour maintenir l’unité et la crédibilité du parti, surtout après leur quatrième congrès.

Enfin, le communiqué se termine par un rappel de l’engagement du parti à servir le peuple et à poursuivre son projet politique sous la direction de son président, Modeste Bahati Lukwebo, et du président de l’État, Félix Tshisekedi.

Le communiqué signé par Guy-Richard Malongo vise à clarifier la position du parti face à des personnes qui parlent en son nom sans autorisation. Il insiste sur l’importance de respecter les règles internes et annonce des actions légales pour protéger le parti. Cela montre que le parti prend au sérieux son organisation et sa représentation.

La situation qui prévaut actuelle à l’ AFDC renvoie à celle vecue à l’Union pour la démocratie et le progrès social (UDPS/Tshisekedi), parti présidentiel à la tête duquel, des frondeurs ont tente de destituer Augustin Kabuya de ses fonctions de Secrétaire général et Prédident par interim du parti. Après un long moment de bicéphalisme, les deux camps avaient fumé le calumet de la paix et Augustin Kabuya dirige l’UDPS jusqu’à ce jour.

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