Le sénateur et bras droit de Moïse Katumbi fustige une « répression » visant la jeunesse de son parti, Ensemble pour la République, à la veille de la marche du 15 septembre contre le changement de la Constitution.
Le sénateur Salomon Kalonda Della, figure de proue d’Ensemble pour la République (Ensemble) et conseiller spécial de Moïse Katumbi, a condamné avec la plus grande fermeté l’arrestation arbitraire, à Kindu, dans la province du Maniema, de quatre cadres de la jeunesse de son parti. Les interpellés sont Jovit Famba, coordonnateur provincial de la Jeunesse chargé de la mobilisation ; Pascal Kasema, rapporteur provincial de la Jeunesse ; Milla Dipenge, mobilisateur du parti ; et Omba Lumumba, communicateur du parti.
Leur seul « crime », dénonce le parti, est d’avoir mobilisé sur le terrain pour la grande marche du 15 septembre initiée par l’opposition contre le changement de la Constitution. Ces arrestations surviennent quelques jours seulement après celle de John Mbangu, coordonnateur provincial de la Jeunesse d’Ensemble dans le Haut-Katanga, interpellé le 4 septembre à Lubumbashi et détenu depuis dans les locaux de l’Agence nationale de renseignements (ANR).
Pour Salomon Kalonda Della, le schéma est désormais clair : « Kindu, Lubumbashi… Le schéma est le même : on cible nos jeunes pour briser notre mobilisation. Le pouvoir prêche le dialogue tout en emprisonnant ses opposants. On ne dialogue pas avec ceux qu’on jette en cellule. » Le sénateur, lui-même élu de Kindu et du Haut-Katanga, avait déjà dénoncé une « contradiction » entre le discours en faveur du dialogue national et l’arrestation de membres de l’opposition exerçant leurs activités de manière pacifique.
Le parti exige la libération immédiate et sans condition de ses camarades et tient les autorités pour responsables de leur intégrité physique et morale. « La répression ne nous fera pas taire », martèle le sénateur.
Cette vague d’arrestations intervient à quelques jours de la marche nationale annoncée par la Coalition Article 64 (C64) pour le 15 septembre 2026, date qui coïncide avec la rentrée parlementaire. La C64, qui rassemble plusieurs figures de l’opposition dont Moïse Katumbi, Martin Fayulu et Jean-Marc Kabund, entend protester contre tout projet de modification de la Constitution pouvant ouvrir la voie à un troisième mandat du président Félix Tshisekedi.
Salomon Kalonda Della, qui a lui-même été détenu à la prison militaire de Ndolo pour des accusations d’atteinte à la sûreté de l’État avant d’être libéré de toute poursuite en mai 2026, incarne cette opposition qui dénonce une justice instrumentalisée. Son parti Ensemble pour la République, principale formation d’opposition en RDC, dénonce une répression ciblée contre sa jeunesse à travers le pays.
