Constitution: “Nul ne peut empêcher Tshisekedi de procéder à la révision” répond le MRJCO à l’Opposition

Mutuma Kuamba
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La polémique enfle autour d’une possible révision constitutionnelle. Alors que la Coalition C64 annonce une marche le 22 juillet 2026 au Palais de la Nation pour “barrer la route” à ce projet, le Mouvement de Réveil de la Jeunesse Congolaise, MRJCO, oppose l’argument juridique à la rue. Dans un communiqué N°025/MRJCO/07/2026, le mouvement estime que l’opposition se trompe de cible et de calendrier.

Pour le MRJCO, le débat doit d’abord revenir au texte. Loin d’être une manœuvre occulte, la révision est prévue noir sur blanc par la Constitution du 18 février 2006.

« Le MRJCO rappelle à l’opinion que la révision de la Constitution est une prérogative prévue et encadrée par la Constitution elle-même », écrit Me John Mbaya Ntita, Président national du mouvement.

Et de citer l’article 219 : « l’initiative de la révision constitutionnelle appartient concurremment : 1. Au Président de la République ; 2. Au Gouvernement après délibération en Conseil des ministres ; 3. À chaque Chambre du Parlement à l’initiative de la moitié de ses membres ; 4. À dix mille personnes au moins, de citoyens congolais ».

De cette disposition, le MRJCO tire une conclusion nette : « Nul ne peut donc empêcher le Président de la République, garant de la Nation en vertu de l’article 69, d’initier une réflexion sur l’adaptation de notre loi fondamentale aux réalités du pays ».

Le mouvement qualifie l’expression “coup d’État constitutionnel” brandie par l’opposition de “mauvaise foi et d’interprétation politicienne”. Pour lui, il s’agit d’un droit, pas d’un crime.

Le MRJCO va plus loin en proposant le contenu de cette future révision. Il plaide pour un cadre de concertation qui devra “jeter les bases d’une révision constitutionnelle profonde, visant notamment à élaguer l’article 218”. Cet article, selon le mouvement, “ouvre la voie à un abandon ou à un partage de pans entiers de notre souveraineté nationale”.

Le MRJCO ne se contente pas de défendre le droit à la révision. Il attaque frontalement la forme choisie par la C64 : une marche le 22 juillet au siège de la Présidence.

Le mouvement dénonce une démarche qui “sous couvert de revendications démocratiques, vise en réalité à créer l’instabilité et à distraire le peuple congolais au moment où la Nation fait face à l’agression rwandaise dans l’Est”.

La mise en garde s’appuie sur l’article 64 alinéa 2 : « Toute tentative de renversement du régime constitutionnel constitue une infraction imprescriptible contre la nation et l’État. Elle est punie conformément à la loi ».

« Appeler à ‘chasser le Président’ au Palais de la Nation, marcher pour empêcher le fonctionnement des institutions, revient à tomber sous le coup de cette disposition », martèle le communiqué. Le MRJCO promet de ne pas laisser “une poignée d’acteurs politiques mettre en péril la stabilité des institutions et sacrifier la jeunesse sur l’autel de leurs ambitions personnelles”.

Dialigue oui, mais pas avec les armes

Face à la crise, le MRJCO ne ferme pas la porte au dialogue. Il salue même l’initiative du Président burundais et Président en exercice de l’UA, Évariste Ndayishimiye, qui a réuni le 6 juillet à Bujumbura l’opposition et les chefs religieux.

Mais le mouvement pose des conditions : un “dialogue républicain, inclusif et responsable” qui réunira “exclusivement les acteurs politiques congolais n’ayant jamais pris les armes contre la République et qui ne se sont pas rendus coupables de crimes de sang”.

Sur la question sécuritaire, la ligne est tout aussi ferme. Le MRJCO affirme que “le sort des agresseurs de la RDC et de leurs supplétifs de l’AFC-M23 ne saurait faire l’objet d’aucune négociation politique”. Il réclame qu’il soit “tranché par la justice, tant au niveau national qu’international”.

Pour finir, le MRJCO ramène le débat à la priorité du moment : la guerre dans l’Est. Il rappelle que “le mandat du Président Félix-Antoine Tshisekedi est en cours” et qu’il est “engagé sur le front diplomatique et militaire pour défendre l’intégrité territoriale”.

Dès lors, toute initiative visant à “ralentir l’élan de la défense de la Nation, à démoraliser nos FARDC et nos patriotes Wazalendo au front, ou à tenter de renverser le régime en place, sera considérée comme une haute trahison”.

Le mouvement appelle finalement “la jeunesse congolaise à la vigilance, au calme et à la mobilisation derrière les institutions pour préserver la paix, la souveraineté et l’avenir de la RDC”.

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