« Du Peuple d’abord » au « Carré minier d’abord » : Jean-Claude Tshisekedi tacle la gestion de son propre frère

Congo Nouveau
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Lors d’une soirée de vernissage consacrée à un ouvrage en mémoire de sa mère, Marthe Kasalu, Jean-Claude Tshisekedi, fils aîné de l’opposant historique Étienne Tshisekedi, a brisé sa réserve habituelle. En présence de son jeune frère, le président Félix Tshisekedi, il a publiquement dénoncé l’éloignement des idéaux paternels.

C’est une déclaration qui a marqué les esprits lors de cette soirée de vernissage. Réputé pour sa discrétion et installé à Bruxelles, Jean-Claude Tshisekedi a surpris l’assistance en prenant la parole. Devant plusieurs personnalités de l’Union sacrée, la coalition au pouvoir, dont le chef de l’État lui-même, il a exprimé un malaise profond quant à la direction prise par le pays.

Cette prise de parole, qui contraste avec sa nature réservée, a été l’occasion pour lui de rappeler l’héritage politique de son père. Il a notamment regretté que les intérêts collectifs soient désormais relégués au second plan, pointant du doigt une dérive qu’il juge incompatible avec le combat mené pendant des décennies par le fondateur de l’UDPS.

« Le slogan cher à notre papa, “Le peuple d’abord”, est devenu “Le carré minier d’abord”, “les petites affaires d’abord”. On ne travaille plus pour la collectivité », a-t-il déclaré avec fermeté.

L’invocation de cette devise transformée revient à pointer une trahison symbolique des idéaux fondateurs. Ce célèbre slogan, « Le peuple d’abord », qui a porté le combat de l’opposant historique Étienne Tshisekedi durant des décennies, semble aujourd’hui résonner de manière douloureuse au sein même de sa propre famille.

Cette sortie médiatique intervient dans un contexte politique particulièrement tendu. Elle fait écho aux accusations récurrentes portant sur la gestion opaque des ressources minières, visant directement des membres de l’entourage présidentiel. À travers cette phrase lancée publiquement, Jean-Claude Tshisekedi rappelle à son frère Félix, et aux membres du gouvernement présents, que le legs de leur père exigeait avant tout de servir la population, et non des intérêts particuliers ou miniers.

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