Les autorités de la République démocratique du Congo (RDC) ont remis vendredi 7 août dernier, via le Comité international de la Croix rouge (CICR), 15 détenus liés au M23-AFC. Une opération présentée comme une avancée manifeste dans la mise en œuvre des engagements pris dans le cadre du processus de Doha.
La remise des détenus est intervenue les 6 et 7 août. Elle s’est inscrite dans le cadre des engagements pris entre Kinshasa et ce groupe rebelle autour de la question des détenus et des mesures de confiance négociées sous la médiation qatarie.
Ce processus a été mis en route lors de la signature d’une Déclaration de principes le 19 juillet 2025, puis formalisé par un accord-cadre le 15 novembre 2025 entre le gouvernement congolais et la rébellion du M23-AFC, sous la médiation du Qatar.
Pour les médiateurs qataris, cette opération est un élément susceptible de contribuer au “renforcement de la confiance entre les parties”.
Le gouvernement congolais a considéré, dans un communiqué, que “cette libération est une nouvelle étape dans la mise en œuvre progressive des engagements conclus à Doha”. Ces engagements se focalisent autour de la Déclaration de principes relative notamment au respect du cessez-le-feu et à l’opérationnalisation du mécanisme de supervision et de vérification de celui-ci.
Malgré la bonne foi affichée par la RDC, le gouvernement note toutefois que les violations répétées du cessez-le-feu et la poursuite des actions hostiles du Rwanda dans l’Est du pays entravent la mise en œuvre de ces engagements. Il appelle Kigali à se vouer à la création de conditions propices à la cessation durable des hostilités dans l’Est congolais et dans la région.
Du côté de Washington, l’évolution a été accueillie favorablement. Les États-Unis ont encouragé les parties à poursuivre la mise en œuvre des engagements pris dans le cadre du processus de Doha.
Toutefois, pour Kinshasa, la libération des détenus constitue un geste destiné à accompagner le processus politique. Elle ne remet pas en cause, précise le communiqué gouvernemental, la nécessité de garantir la sécurité et la justice.
Entre-temps, les parties au processus de Doha multiplient les gestes visant à apaiser les tensions et à créer un climat propice à la poursuite des discussions. La question des détenus figurait parmi les points prioritaires des mesures de confiance convenues lors des derniers échanges sous médiation qatarie.
Le CICR, qui a servi d’intermédiaire pour l’opération, n’a pas fourni de détails supplémentaires sur l’identité des personnes remises ni sur leur destination.
Avec cette libération, le processus de Doha enregistre ainsi une première concrétisation visible sur le terrain depuis la signature de l’accord-cadre de novembre 2025, en attendant la mise en œuvre intégrale des autres dispositions relatives au cessez-le-feu et à la stabilisation de l’Est de la RDC.
