Des journalistes et acteurs sociaux congolais ont été formés depuis le 20 juillet dernier à la riposte contre Ebola et à la continuité des services de lutte contre le paludisme, lors d’un webinaire organisé par l’ONG Impact Santé Afrique et le Programme national de lutte contre le paludisme.
La session visait à donner aux professionnels des médias les clés pour informer sans panique et contrer la désinformation pendant une épidémie.
Trois experts sont intervenus. Le Dr Christian Sebo, spécialiste santé et coordonnateur des urgences à CHWID, a dressé l’état des lieux de l’épidémie d’Ebola déclarée le 15 mai 2026 à Bundibugyo. Selon lui, la maladie s’est étendue de Mongbwalu en Ituri à 5 provinces : Nord-Kivu, Haut-Uele, Tshopo et Sud-Kivu. Il cite les mouvements de populations, l’insécurité, les mines artisanales et les échanges avec l’Ouganda et le Sud-Soudan comme facteurs de propagation. Les statistiques montrent que les adultes de 18 à 50 ans sont les plus touchés, reflet des expositions professionnelles et communautaires. La transmission intra-familiale explique aussi les cas chez les enfants. Le Dr Sebo a alerté sur la saturation des Centres de Traitement Ebola et le manque d’intrants.
Jack Maliro Katson, point focal Communication des risques à l’OMS-RDC, a rappelé le rôle central des médias. Pour lui, le journaliste doit informer vite et juste, contextualiser les chiffres, expliquer les décisions de santé publique et déconstruire les rumeurs. “Une flambée d’Ebola est aussi une crise de communication. En santé publique, une information exacte, comprise et acceptée peut sauver plus de vies qu’une intervention médicale”, a-t-il déclaré.
Mme Clarisse Mbo du PNLP a, quant à elle, insisté sur le maintien des services essentiels. Elle a souligné que toute fièvre n’est pas Ebola et que le paludisme continue de tuer chaque jour. Les médias doivent donc rappeler l’importance du dépistage précoce et de la consultation rapide.
Pour conclure, elle a livré 5 messages clés : consulter dès les premiers symptômes de fièvre, ne pas oublier que le paludisme reste une urgence, faire confiance aux mesures de sécurité dans les centres de santé, poser un diagnostic tôt, et ne pas interrompre la lutte contre le paludisme au profit d’Ebola.
Pour les organisateurs, les objectifs sont atteints. Les médias sortent de cette formation mieux armés pour diffuser une information fiable et sauver des vies.
