La reprise des affrontements dans l’est de la République démocratique du Congo inquiète davantage les Nations Unies. Depuis Genève en Suisse, le Haut-Commissaire de l’ONU aux droits de l’homme, Volker Türk, a tiré la sonnette d’alarme ce jeudi 9 juillet sur la détérioration de la situation sécuritaire dans plusieurs zones du Sud-Kivu.
Au cœur des préoccupations figurent les récents combats opposant les Forces armées de la RDC (FARDC) aux rebelles du M23 dans les territoires de Fizi et de Mwenga. Selon les Nations Unies, l’usage d’armes lourdes, notamment des drones armés et de l’artillerie, dans des secteurs habités a provoqué des pertes parmi les civils ainsi que d’importants dommages matériels.
Pour Volker Türk, la poursuite des hostilités constitue un sérieux revers pour les démarches diplomatiques engagées afin de trouver une issue pacifique au conflit. Il estime que les violences actuelles risquent de compromettre les engagements pris dans le cadre des différents processus de paix en cours dans la région.
Le responsable onusien a appelé les deux parties à mettre immédiatement fin aux affrontements et à privilégier l’apaisement.
Il a particulièrement insisté sur la nécessité de protéger les populations civiles vivant dans les zones affectées, notamment à Mulima et dans les Hauts Plateaux de Fizi et de Mwenga.
L’ONU s’inquiète également des conséquences humanitaires de cette nouvelle flambée de violence. De nouveaux déplacements de populations, des atteintes aux droits fondamentaux et une aggravation des besoins humanitaires figurent parmi les principaux risques évoqués par le Haut-Commissaire.
Volker Türk a rappelé aux acteurs engagés dans le conflit leurs obligations en matière de droit international humanitaire. Il a demandé que les organisations humanitaires puissent accéder librement aux personnes touchées afin de leur apporter une assistance dans des conditions sécurisées.
Dans son intervention, le responsable des Nations Unies a également réitéré son appel au Rwanda pour qu’il cesse tout appui au M23 et retire ses forces du territoire congolais. En parallèle, il a encouragé Kinshasa à poursuivre les opérations visant le désarmement des Forces démocratiques de libération du Rwanda (FDLR).
Face au risque d’une extension du conflit, l’ONU appelle enfin les pays de la région et la communauté internationale à renforcer les efforts diplomatiques. L’objectif est d’éviter une nouvelle escalade dans les hauts et moyens plateaux du Sud-Kivu et de favoriser une solution durable à la crise sécuritaire qui secoue l’est de la RDC.
Cedrick Katay Kalombo
