Dialogue national inclusif et concessions du pouvoir ; Jusqu’où Tshisekedi peut-il reculer ?

Congo Nouveau
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Le débat autour d’un dialogue national inclusif prend une nouvelle tournure. Pour Delly Sesanga, président d’Envol et figure de la coalition C64, le chef de l’État, Félix Tshisekedi, ne dispose désormais que d’une marge de manœuvre limitée après avoir, selon lui, infléchi sa position sur la question. Intervenant mardi soir lors d’un Space X organisé par le journaliste Stanis Bujakera Tshiamala, l’opposant a rejeté les accusations selon lesquelles la C64 ferait, malgré elle, le jeu du pouvoir en participant à une dynamique susceptible de faire gagner du temps au régime. « Cette critique est portée aujourd’hui par ceux-là mêmes qui affirmaient hier qu’il était impossible de manifester à Kinshasa et que seule la lutte armée permettrait de s’exprimer politiquement », a-t-il soutenu.
Pour Delly Sesanga, la coalition, pourtant souvent présentée comme une « opposition faible », a réussi à imposer le débat sur la scène sous-régionale et à contraindre le président de la République à revenir sur ce qu’il qualifie de « pétitions de principe » excluant tout dialogue national.
L’opposant rappelle qu’avant même la création de la C64, plusieurs acteurs politiques, notamment Corneille Nangaa, Joseph Kabila ainsi que différentes composantes de l’opposition, réclamaient déjà un dialogue, en s’appuyant sur la feuille de route de Luanda conduite sous la médiation du président angolais João Lourenço. Selon lui, ce processus avait atteint un niveau de maturité susceptible d’ouvrir rapidement la voie à une solution politique.
À ses yeux, c’est toutefois la pression exercée par la C64 sur le terrain qui a poussé Félix Tshisekedi à revoir sa position. « Le président est désormais au pied du mur », affirme-t-il, estimant que le chef de l’État doit honorer les engagements pris, sous le regard des pères de l’Église impliqués dans cette initiative.
Delly Sesanga avertit qu’un éventuel désengagement du président ne constituerait pas seulement un revers pour la C64, mais aussi pour une partie de la société congolaise qui continue de croire à l’efficacité de l’action politique pacifique. Il considère le changement de position du pouvoir comme un premier acquis obtenu en seulement deux mois de mobilisation, un acquis qui, selon lui, devra désormais être consolidé dans la durée.
Mais du côté de la rébellion, Corneille Nangaa réserve une fin de non-recevoir à ces pourparlers. Le coordonnateur de l’Alliance Fleuve Congo (AFC), mouvement politico-militaire allié au M23, exclut toute possibilité de négocier avec le pouvoir du président Félix Tshisekedi.
Dans une vidéo diffusée en début de semaine par son entourage, Corneille Nangaa affirme que la crise congolaise ne peut être résolue par de nouveaux compromis politiques. Il accuse les autorités de Kinshasa de ne pas respecter leurs engagements, estimant qu’un éventuel dialogue ne constituerait pas une solution crédible. En montant les enchères sans être consulté, Corneille Nangaa veut-il faire infléchir davantage Félix Tshisekedi ? L’aile de Joseph Kabila veut-elle obtenir plus de concession du pouvoir en place ? C’est la grande question qui risque de trouver sa réponse une fois que le chef de l’Etat publiera la feuille de route de ces pourparlers.

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