Sécurité nationale – Tensions régionales
Le Gouvernement de la République démocratique du Congo a tenu, ce mardi 9 décembre matin à la Primature, une importante réunion de sécurité consacrée à la dégradation de la situation humanitaire et sécuritaire dans la province du Sud-Kivu, particulièrement sur l’axe Kamaniola–Uvira. À l’issue de cette séance de travail présidée par la Première ministre, le ministre de la Communication et Médias, Porte-parole du Gouvernement, a livré un compte-rendu sans détour.
Selon lui, l’Exécutif suit « de près la situation sur le terrain », alors que de nouveaux éléments préoccupants émergent, notamment après les bombardements partis de Bugarama, au Rwanda, qui ont « touché des cibles, notamment civiles ». Des rapports récents du CICR et d’organisations humanitaires font état d’alertes majeures, poussant la Cheffe du Gouvernement à réunir autour d’elle les ministres concernés, dont ceux de la Défense et de l’Intérieur, afin « de voir comment répondre efficacement » à l’urgence.
Revenant sur le contexte diplomatique, le Porte-parole Patrick Muyaya Katembwe a rappelé que, comme l’a souligné le Président de la République Félix Antoine Tshisekedi Tshilombo dans son allocution devant la Nation, « le Rwanda viole impunément l’accord signé à Washington » il y a quelques jours. Il a insisté sur le fait que cette violation va au-delà du cadre bilatéral : « Ce n’est plus seulement violer l’accord que nous avons signé, mais c’est aller vers la régionalisation du conflit. Il est évident que le Rwanda prend aussi le Burundi pour cible ».
Le ministre a appelé les médiateurs internationaux à « peser de tout leur poids » afin de ramener Kigali au respect de ses engagements : « Il est crucial que la paix soit restaurée et que le Rwanda s’érange, car la situation humanitaire est particulièrement préoccupante. » Il a dénoncé les attaques visant écoles, centres de santé et habitations, assimilant ces actes à une « volonté de semer la terreur ».
Sur le plan interne, le Porte-parole du Gouvernement a lancé un appel appuyé à la vigilance citoyenne face aux manipulations sur les réseaux sociaux : « Nous parlons souvent du poison rwandais. Il faut faire très attention à ce qui circule. » Il a rappelé que les Forces armées opèrent sur plusieurs fronts et que la situation évolue rapidement, d’où la nécessité « de se référer uniquement aux canaux officiels » afin d’éviter toute panique inutile.
Au cours de la réunion, la Première ministre a également échangé avec le gouverneur du Sud-Kivu et les services provinciaux mobilisés, afin d’assurer un suivi « pas à pas » de l’évolution de la situation. Le Gouvernement promet de revenir vers la population « le moment venu » avec un état des lieux consolidé.
En conclusion, le ministre a affirmé que la non-application de l’accord de Washington relève « de la responsabilité du président rwandais » et qu’en cherchant à étendre le conflit vers le Burundi, Kigali adopte « une posture entièrement contraire » aux engagements pris « devant l’émissaire américain il y a moins d’une semaine ». D’où la nécessité, insiste-t-il, que les médiateurs internationaux s’impliquent davantage « pour mettre fin à ces attitudes inutilement belliqueuses du Rwanda ».
