Par la bouche de Moïse Nyarugabo, le mouvement « Sauvons la RDC », initié par l’ancien président Joseph Kabila, s’est dit favorable à un dialogue national proposé par le cardinal Fridolin Ambongo, mais à 7 conditions. Il rejette par ailleurs toute discussion conduite par le président Félix Tshisekedi et refuse un projet de référendum.
Dans une déclaration publiée samedi, le mouvement estime que face à la crise “multidimensionnelle” que traverse le pays, le dialogue reste “en principe, la voie la plus appropriée pour restaurer la cohésion nationale”. Rappelant l’expérience des dialogues sous Joseph Kabila, Sauvons la RDC souligne toutefois que ce processus ne pourra réussir que s’il répond à des exigences précises.
Le mouvement exige d’abord qu’il soit « préparé, convoqué et conduit par une médiation neutre, indépendante et impartiale, avec l’appui de l’Union africaine et des Nations unies ». Il demande aussi un dialogue « réellement inclusif, sans exclusion ni conditions sélectives » et qui se tienne « dans un pays tiers » afin de garantir la sécurité et la participation de tous.
Parmi les autres conditions : l’examen « sans tabou » des causes profondes de la crise, le caractère « souverain et contraignant » des résolutions, avec l’abandon préalable de « tout projet de référendum visant à modifier ou à remplacer la Constitution ».
Sauvons la RDC réclame également des mesures de décrispation : levée des condamnations contre des opposants, libération des prisonniers politiques, retour des exilés, levée des interdictions frappant les partis dont le sien, et « dissolution de la milice Force du progrès ». Enfin, le mouvement veut un mécanisme de suivi impliquant des instances africaines et internationales.
« Aucun dialogue commandité, organisé, dirigé ou placé sous l’autorité de Monsieur Félix Tshisekedi ou de son gouvernement ne peut inspirer la confiance nécessaire », tranche le camp Kabila.
Pour Sauvons la RDC, le Chef de l’État, « principal protagoniste de la crise politique actuelle », ne peut être « à la fois arbitre et garant » d’un processus de réconciliation. Reste à savoir si le camp présidentiel accepterait ces exigences.
