RDC : Adolphe Muzito appelle à un « triple pacte » pour refonder, construire et défendre la République

Congo Nouveau
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Dans sa 37ᵉ tribune, le Vice-Premier ministre, ministre du Budget, Adolphe Muzito, présente le Dialogue national comme une occasion de poser les bases d’un nouveau pacte républicain autour de trois priorités : une Constitution définitive, la construction économique du pays et le renforcement de sa capacité de défense.

KINSHASA — « Fonder, construire et défendre la patrie ». C’est autour de cette ambition qu’Adolphe Muzito articule sa 37ᵉ tribune, intitulée « RDC, le triple objectif du Dialogue national ».

Le Vice-Premier ministre, ministre du Budget, estime que la République démocratique du Congo se trouve à un moment décisif de son histoire. Pour lui, le Dialogue national ne devrait pas être conçu comme un simple cadre de négociations politiques ou de partage des responsabilités, mais comme un rendez-vous destiné à répondre simultanément à trois enjeux fondamentaux : refonder les institutions, accélérer la construction du pays et garantir sa sécurité.

Une Constitution définitive pour refonder la République

Dans le premier volet de sa réflexion, Adolphe Muzito revient sur l’histoire constitutionnelle de la RDC.

Selon lui, les différents textes fondamentaux adoptés depuis l’indépendance ont été élaborés dans des contextes de crise, de transition, de guerre ou de compromis politiques. Il considère ainsi que le pays doit désormais franchir une nouvelle étape en permettant au peuple congolais de se doter d’une Constitution véritablement légitime et adaptée aux réalités actuelles.

Le VPM du Budget appelle donc à la mise en place d’un processus constitutionnel transparent, inclusif et souverain, permettant au peuple de participer pleinement à l’élaboration de son nouveau pacte fondamental.

Cette future Constitution devrait notamment, selon lui, mieux protéger l’unité et l’intégrité territoriale du pays, stabiliser les institutions, clarifier les compétences entre les différents niveaux de pouvoir et renforcer les mécanismes de contrôle démocratique et financier.

Pour Muzito, la cohésion nationale ne signifie toutefois pas la disparition du pluralisme politique.

Il estime au contraire que l’unité nationale doit aller de pair avec une opposition politique effective et un véritable contrôle démocratique. Dans cette perspective, il appelle notamment à l’application des lois relatives au financement public des partis politiques et au statut de l’opposition.

Face à la situation sécuritaire dans l’Est de la RDC, il plaide également pour un rassemblement de la classe politique, des forces sociales, des provinces, de la diaspora et des communautés affectées autour de la défense de l’intégrité territoriale.

Construire le pays pour transformer son potentiel en puissance économique

Le deuxième axe de la tribune concerne la transformation économique de la RDC.

Pour Adolphe Muzito, la richesse du sous-sol congolais ne pourra véritablement devenir un facteur de puissance que si elle est transformée en infrastructures, industries, emplois, capital humain et recettes publiques durables.

Le VPM du Budget rappelle l’ambition qu’il avait développée dans sa 36ᵉ tribune : porter le produit intérieur brut de la RDC à environ 215 milliards de dollars à l’horizon 2035, contre environ 122 milliards de dollars projetés pour 2026.

Cette trajectoire devrait, selon lui, permettre au pays de se rapprocher du statut de troisième puissance économique d’Afrique subsaharienne, derrière l’Afrique du Sud et le Nigeria.

Pour y parvenir, Muzito estime que les ressources publiques supplémentaires doivent être orientées vers des investissements structurants.

Il cite notamment :

  • les routes et les chemins de fer ;
  • l’électricité ;
  • les ports et les aéroports ;
  • les infrastructures numériques ;
  • l’adduction d’eau ;
  • la santé et l’éducation ;
  • l’agriculture ;
  • l’industrialisation ;
  • ainsi que la défense nationale.

Le financement de cette transformation ne devrait pas reposer uniquement sur les recettes fiscales. Adolphe Muzito propose de diversifier les sources de financement à travers notamment la dette extérieure, les partenariats public-privé, un fonds souverain et les investissements étrangers.

Il insiste cependant sur une condition : la dette extérieure doit être une « dette de construction » et non une dette destinée à financer la consommation courante.

L’objectif serait ainsi de mobiliser progressivement des ressources importantes pour financer des projets productifs capables de générer, à terme, de nouvelles richesses et de nouvelles recettes pour l’État.

Une puissance défensive pour garantir la souveraineté

Le troisième pilier de la tribune est consacré à la sécurité nationale.

Pour Adolphe Muzito, la construction économique et institutionnelle de la RDC ne peut être durable si l’État ne dispose pas des moyens nécessaires pour défendre son territoire.

Il propose ainsi une montée en puissance progressive des Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC), accompagnée d’une réforme en profondeur de l’appareil de défense.

Cette réforme devrait notamment concerner le commandement, la formation, le renseignement, la logistique, la maintenance et le contrôle des dépenses militaires.

Muzito met également l’accent sur la maîtrise du renseignement, la sécurisation des frontières, la cybersécurité, les drones, les communications ainsi que le développement progressif d’une logistique et d’une industrie de défense nationales.

L’amélioration des conditions de vie des militaires figure également parmi ses priorités : solde, logement, santé et protection sociale.

Mais cette puissance défensive, précise-t-il, ne doit pas avoir une vocation expansionniste.

La RDC, écrit-il, ne revendique aucun territoire étranger. Sa puissance militaire doit plutôt servir à dissuader les agressions, protéger les frontières, sécuriser les échanges économiques et contribuer aux mécanismes africains de paix.

La finalité recherchée demeure donc la paix, mais une paix reposant sur la souveraineté, le droit et une capacité crédible de dissuasion.

Le Dialogue national comme « pacte de fondation »

Au terme de sa réflexion, Adolphe Muzito appelle à donner au Dialogue national une portée historique.

Il ne devrait pas, selon lui, être un dialogue consacré au « partage des postes », mais un dialogue de fondation, de construction et de mobilisation nationale.

Le Vice-Premier ministre propose ainsi que les discussions aboutissent notamment à :

• un pacte républicain de défense de l’intégrité territoriale ;

• une feuille de route consensuelle pour l’élaboration d’une nouvelle Constitution à soumettre au peuple ;

• un Plan national de construction 2026-2035, chiffré et territorialisé ;

• une stratégie d’augmentation de la pression fiscale et de diversification des sources de financement du développement ;

• un pacte national de réforme et de financement des FARDC ;

• l’application effective des lois sur le financement des partis politiques et le statut de l’opposition ;

• un mécanisme de suivi des engagements issus du Dialogue national.

« Fonder, construire et défendre »

À travers cette 37ᵉ tribune, Adolphe Muzito défend donc une vision du Dialogue national reposant sur trois piliers indissociables : la refondation politique, la construction économique et la défense nationale.

Pour le Vice-Premier ministre, ministre du Budget, une Constitution légitime doit consolider la cohésion nationale ; une économie productive doit donner à l’État les moyens de financer son développement ; et une capacité défensive crédible doit permettre de protéger le territoire et les acquis de la construction nationale.

L’enjeu, estime-t-il, dépasse ainsi les équilibres politiques immédiats.

Il s’agit de préparer la transmission aux générations futures d’une Constitution légitime, d’un pays doté d’infrastructures structurantes et d’une Nation capable de se défendre.

C’est autour de cette ambition que Muzito invite les Congolais à concevoir le Dialogue national : non comme une simple parenthèse politique, mais comme un nouveau pacte national destiné à fonder, construire et défendre la République démocratique du Congo.

Adolphe MUZITO FUMUTSHI
Vice-Premier ministre, ministre du Budget
Président national de Nouvel Élan

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