Ebola à Goma et Bukavu : le silence des États-Unis face aux troupes rwandaises scandalise l’opinion congolaise

Congo Nouveau
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La résurgence de la menace d’Ebola dans l’Est de la RDC intervient dans un contexte sécuritaire particulièrement préoccupant. À Goma et Bukavu, l’inquiétude sanitaire se mêle désormais à une colère politique croissante contre les États-Unis d’Amérique, accusés par une partie de l’opinion congolaise d’observer un silence jugé « complice » face à la présence persistante des troupes rwandaises alliées de l’AFC/M23 sur le territoire congolais.

Depuis la signature de l’accord de paix de Washington, le 4 décembre 2025, les attentes étaient pourtant immenses quant à un retrait rapide et effectif des forces étrangères présentes dans les provinces du Nord-Kivu et du Sud-Kivu. Mais près de six mois après cet engagement diplomatique, la situation sécuritaire demeure inchangée dans plusieurs zones stratégiques de l’Est du pays.

À neuf jours de la commémoration du sixième mois de cet accord, les populations locales et l’ensemble de congolais disséminés à travers la planète dénoncent l’inaction de la communauté internationale, particulièrement celle des États-Unis d’Amérique, considérés comme parrains politiques de ce processus censé restaurer la paix et la souveraineté de la RDC.

Face à la menace sanitaire, le gouvernement congolais insiste sur l’impossibilité d’organiser une riposte efficace dans des territoires encore sous tension militaire.

« On ne peut pas faire une riposte isolée », a déclaré Patrick Muyaya, ministre de la Communication et Médias, également Porte-parole du gouvernement au cours du briefing du mardi 26 mai 2026 à la RTNC à Kinshasa.

Une déclaration qui traduit les difficultés opérationnelles auxquelles les autorités sanitaires congolaises sont confrontées dans les zones affectées par l’insécurité. Pour Kinshasa, la lutte contre Ebola nécessite un accès total aux populations, la libre circulation des équipes médicales ainsi qu’une coordination sécuritaire efficace.

Dans la même dynamique, le ministre de la Santé Publique, Hygiène et Prévoyance Sociale a été encore plus explicite sur les obstacles actuels.

« Il faut que les troupes rwandaises quittent notre pays pour que nous puissions aider nos populations présentes dans ces zones. Le Rwanda n’a pas d’expertise et ne peut pas soigner nos semblables », a-t-il affirmé.

Ces propos traduisent la fermeté du gouvernement congolais face à une situation que Kinshasa considère désormais comme un frein direct à la protection sanitaire des populations civiles.

Dans plusieurs couches de la société congolaise, l’incompréhension grandit également autour de l’attitude de l’administration américaine. Beaucoup estiment que le silence de Donald Trump et de son équipe face au maintien des troupes rwandaises en RDC affaiblit considérablement la crédibilité de l’accord de Washington.

Pour de nombreux congolais, les États-Unis disposent pourtant d’un poids diplomatique suffisant pour exiger le retrait immédiat des forces soutenant l’AFC/M23. L’absence de pression visible de Washington est perçue comme une forme de complaisance vis-à-vis de Kigali et de haute trahison à l’égard de congolais. D’aucuns estimeraient que Trump veut simplement les minerais pour remonter son économie à l’international et non, la paix en République Démocratique du Congo.

À Goma comme à Bukavu, plusieurs voix de la société civile dénoncent une contradiction majeure : promouvoir la paix tout en laissant perdurer une occupation militaire qui fragilise les interventions humanitaires et sanitaires.

La menace d’Ebola remet ainsi en lumière l’urgence d’une solution sécuritaire durable dans l’Est de la RDC. Sans retrait des troupes étrangères et sans restauration effective de l’autorité de l’État, les efforts sanitaires risquent de rester limités face à une maladie dont la propagation peut rapidement devenir incontrôlable.

Alors que le pays s’approche du sixième mois de l’accord de Washington, une question revient avec insistance dans l’opinion congolaise : les États-Unis veulent-ils réellement la paix en RDC ou choisissent-ils de fermer les yeux sur la souffrance des populations de l’Est ?

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