Le Chef de l’État a signé une ordonnance instituant un comité d’organisation préliminaire, mais le calendrier reste flou. L’opposition, emmenée par le PPRD, dénonce un « congrès de l’Union sacrée » déguisé.
Le processus devant conduire au Dialogue national pour la paix, la cohésion et la refondation de l’État est désormais officiellement lancé en République démocratique du Congo. Le Chef de l’État, Félix Tshisekedi, a signé une ordonnance instituant un comité d’organisation préliminaire, chargé de préparer la mise en place de la commission préparatoire de ces assises. Une décision qui marque une étape institutionnelle, mais qui laisse encore en suspens la question du calendrier exact des travaux.
Selon les termes de l’ordonnance, le comité d’organisation préliminaire aura la lourde tâche de « prendre les dispositions matérielles et logistiques nécessaires » à la tenue du dialogue. Il devra également « préparer les rencontres avec les différentes composantes de la société » et « réunir les conditions préalables à la tenue du dialogue ».
Pour appuyer ce comité dans ses travaux, un secrétariat technique composé de onze experts sera mis en place. Une architecture institutionnelle qui, selon l’exécutif, vise à garantir la représentativité et la crédibilité du processus.
L’opposition dénonce un « monologue »
Mais ce format institutionnel est précisément au cœur des contestations de l’opposition dans l’environnement sociopolitique congolais. Pour Lucain Kasongo, ancien député national et secrétaire permanent adjoint du Parti du peuple pour la reconstruction et la démocratie (PPRD), membre de la coalition Sauvons la RDC, le mécanisme mis en place par le pouvoir ne correspond pas aux exigences d’un véritable dialogue politique.
« Il n’y a pas de dialogue. Il y aura un monologue de l’Union sacrée bis. C’est un congrès de l’Union sacrée et non un dialogue. Le dialogue a ses caractéristiques. Il n’y a rien de dialogue dans ce que nous sommes en train de suivre », a-t-il dénoncé lors d’un entretien.
Pour l’opposant, le processus engagé par le Chef de l’État s’apparente davantage à une « Congrès de l’Union sacrée de la nation » qu’à une véritable concertation nationale inclusive. Une critique qui rejoint celle de plusieurs autres formations politiques, qui exigent depuis plusieurs mois un dialogue véritablement inclusif, réunissant pouvoir et opposition autour d’un ordre du jour négocié.
Un dialogue à plusieurs inconnues
Si le lancement du processus est acté, de nombreuses questions demeurent. Qui participera effectivement à ces assises ? Quel sera l’ordre du jour ? Quelles garanties seront offertes à l’opposition pour que ses voix soient entendues ? Autant d’interrogations qui alimentent la méfiance dans les rangs de l’opposition.
Le pouvoir, de son côté, défend un processus ouvert et participatif, censé aboutir à une refondation de l’État et à la consolidation de la paix. Mais entre les intentions affichées et les attentes de l’opposition, le fossé semble encore difficile à combler.
Alors que le pays attend toujours la publication du calendrier précis, le dialogue national pour la paix, la cohésion et la refondation de l’État s’annonce comme un exercice à haut risque politique, dont l’issue reste incertaine.
