Dialogue national: Kabund dit non au format Tshisekedi, il réclame une facilitation impartiale

Congo Nouveau
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L’opposant Jean‑Marc Kabund a fermement rejeté samedi le cadre du «dialogue inclusif» proposé par le président Félix Tshisekedi, lors de l’échange des vœux organisé avec les cadres et militants de son parti, Alliance pour le changement -ACh. Selon lui, une telle initiative ne saurait être définie unilatéralement par le pouvoir.

D’entrée de jeu, Kabund a dénoncé «un dialogue défini unilatéralement, selon des critères arrêtés par le pouvoir seul». « La paix ne se convoque pas comme un meeting. Elle se construit dans équilibre, dans l’inclusivité et dans la légitimité », a‑t‑il lancé, appelant à une véritable neutralité des règles et des acteurs.

Poursuivant sa critique, il a fustigé la pratique selon laquelle «un pouvoir contesté puisse se choisir ses interlocuteurs, fixer les règles de jeu et les lignes rouges à ne pas franchir, de manière unilatérale. Cela est un monologue». Par ces mots, Kabund met en cause la méthode même du processus proposé, qu’il qualifie d’excluante et dépourvue de crédibilité.

Pour l’opposant, la participation de l’Alliance pour le changement n’est envisageable que dans un «dialogue politique véritablement inclusif, conduit par une facilitation neutre». 

Il a énoncé trois «lignes rouges non négociables» que doit respecter tout processus de concertation: le respect de la Constitution, le respect de la souveraineté nationale et la préservation de l’intégrité territoriale.

Kabund a également posé une série de préalables qu’il considère indispensables avant toute table ronde: la libération de tous les prisonniers politiques et d’opinion; l’arrêt immédiat des enlèvements et arrestations arbitraires des opposants; et la garantie de la liberté de circulation des opposants, tant à l’intérieur qu’à l’extérieur du pays.

Parmi les autres exigences formulées, il a exigé la «cessation d’actes d’intimidation et d’humiliation des opposants à l’aéroport international de N’Djili», le retour des exilés politiques et la « libération de l’espace public ». Ces demandes visent, selon lui, à rétablir des conditions minimales de confiance et de sécurité politique.

Kabund a laissé entendre que la tenue d’un «vrai» dialogue dépendra davantage de la mise en place de garanties concrètes que d’une simple convocation. Son intervention marque un jalon important dans le bras de fer entre le pouvoir et une partie de l’opposition sur les modalités d’un éventuel apaisement politique.

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