ARSP: Quand Beleshayi attaque Kashal Katemb, les entrepreneurs attendent des résultats

Congo Nouveau
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Une vive polémique agite l’opinion publique autour de l’Autorité de régulation de la sous-traitance dans le secteur privé (ARSP), à la suite de la sortie médiatique de son Directeur général actuel, Ted Beleshayi Kasanda.
Invité mardi 20 octobre 2026 en soirée à l’émission Space Live du journaliste Stanis Bujakera, le DG de l’ARSP a tenu des propos qui ont suscité de nombreuses réactions, notamment au sein des milieux des entrepreneurs et des observateurs du secteur de la sous-traitance.

Au centre de la controverse, ses déclarations sur le bilan de son prédécesseur, Miguel Kashal Katemb, qu’il a qualifié d’institution peu crédible, évoquant notamment 80 attestations délivrées entre 2020 et 2025 et un manque à gagner de 20 milliards de dollars au profit d’entreprises non éligibles. Face à ces affirmations, des proches de l’ancienne direction et des membres de la cellule de communication de l’établissement estiment nécessaire de rétablir les faits, documents à l’appui.

Des chiffres contestés sur les attestations

Premier point de divergence: le nombre d’attestations délivrées. Contrairement au chiffre de 80 attestations évoqué par l’actuel DG pour la période 2020-2025, des sources internes à l’ARSP avancent une toute autre réalité basée sur la numérotation officielle des documents.

Selon ces sources, en janvier 2023, au moment où Miguel Kashal Katemb entamait la délivrance des premières attestations sous sa mandature, la numérotation se situait autour du numéro 4 100. En février 2026, les attestations émises atteignaient le numéro 16 800.

Ce différentiel impliquerait à lui seul plus de 12 000 attestations délivrées entre janvier 2023 et février 2026. Cette progression est corroborée, selon les mêmes sources, par l’accroissement du nombre de sous-traitants éligibles enregistrés dans la base de données de l’ARSP, passé de 4 000 entreprises en 2023 à plus de 16 000 en janvier 2026.

« D’où le Directeur général Ted Beleshayi a-t-il tiré le chiffre de 80 attestations? », s’interrogent les proches de son prédécesseur, qui demandent la publication de la liste des sociétés non éligibles qui auraient bénéficié des 20 milliards de dollars évoqués, avec les noms des entreprises principales et des sous-traitants concernés.

La question de la gestion des ressources humaines

Concernant la gestion interne, l’entourage de l’ancien Directeur général affirme que durant les 3 ans et 8 mois de gestion de Miguel Kashal à la tête de l’ARSP, aucun mois d’arriérés de salaire n’a été enregistré pour le personnel. La prise en charge médicale aurait été assurée régulièrement par les structures médicales Médecins de Nuit, Diamant et HJ Hospital.

Un bilan que le ministère de tutelle avait, à l’époque, salué. En 2024, le ministre de l’Entrepreneuriat et des PME, Désiré N’Zinga Bilihanze, avait reconnu que Miguel Kashal avait sorti de l’ombre l’ARSP, jadis considérée comme un établissement marginalisé.

En juin 2025, son successeur, Louis Watum Kabamba, avait pour sa part déclaré : « Au travers de l’Autorité de régulation de la sous-traitance dans le secteur privé (ARSP), les entreprises congolaises ont pu gagner près de 1 400 contrats d’une valeur de plus de 2 milliards de dollars. Environ 800 entrepreneurs ont pu bénéficier de cette manne financière. »

Les réformes engagées sous l’ancienne direction

Pour les défenseurs du bilan de Miguel Kashal Katemb, qualifier l’ARSP de son époque d’institution peu crédible ou de groupe de racketteurs revient à jeter le discrédit sur des réformes dont bénéficie aujourd’hui l’actuelle direction.
Ils citent notamment l’élaboration de la loi sur le contenu local, la révision de la loi sur la sous-traitance avec une définition claire de son champ d’application, et la signature du guide sectoriel entre l’ARSP et la Fédération des entreprises du Congo (FEC), qui a conduit à la révision de la loi promulguée par le Chef de l’État le 30 juin 2026.

S’y ajoutent, selon eux, de multiples protocoles d’accord signés avec des ministères et autres institutions, le rayonnement de l’ARSP lors de grands rendez-vous internationaux comme la DRC Mining Week, le Mining Indaba en Afrique du Sud, des forums au Canada, en France, à Dubaï, ainsi que la participation au forum RDC-USA au sein de la délégation gouvernementale conduite par la Première ministre Judith Suminwa Tuluka.

Sur le terrain opérationnel, l’ancienne direction met en avant la lutte contre le phénomène des prête-noms et des associés fictifs, l’élargissement de la sous-traitance à des secteurs autrefois considérés comme des chasses gardées comme les hydrocarbures, l’aviation et les télécommunications, et l’instauration d’un contrôle de conformité rigoureux dans tous les secteurs.

Elle souligne également la mise en place, avec la FEC, d’un mécanisme de publication des appels d’offres pour renforcer la transparence, ainsi que la création d’une équipe d’inspecteurs travaillant dans le respect de l’éthique.

Des résultats chiffrés publiés

Toujours selon la même source, à son arrivée en 2022, Miguel Kashal n’aurait jamais attaqué publiquement son prédécesseur Ahmed Kalej Kand, préférant se mettre au travail. Les résultats chiffrés des années 2023, 2024 et 2025, comprenant la liste des entreprises principales et des sous-traitants bénéficiaires, auraient été publiés sur le site officiel de l’ARSP.

Parmi les réalisations citées figure le programme VUNGA 1, en partenariat avec Rawbank, sous l’impulsion de la Première ministre Judith Suminwa, avec un capital de 200 millions de dollars rendu disponible, et la perspective de lancer les phases VUNGA 2 à VUNGA 5 pour atteindre un montant total d’un milliard de dollars destiné au financement des entrepreneurs locaux.

Pour les observateurs proches du dossier, la fonction de Directeur général impose un devoir de réserve et une logique de continuité du service public afin de matérialiser la vision du Président de la République, Félix-Antoine Tshisekedi, dans ce secteur clé, vision dans laquelle Miguel Kashal Katemb avait été plusieurs fois cité comme référence managériale par le Chef de l’État et les ministres de tutelle successifs.

En attendant une clarification officielle de l’ARSP sur les chiffres controversés, l’opinion publique, notamment les entrepreneurs congolais, dit attendre davantage des résultats concrets sur le terrain que des polémiques entre prédécesseur et successeur.

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