Kinshasa, le 17 octobre 2026. – La transparence dans la gestion des fonds de la riposte sanitaire est de nouveau au cœur des préoccupations. L’Association congolaise pour l’accès à la justice (ACAJ) a officiellement saisi l’Inspection générale des finances (IGF). Par le biais d’un communiqué de presse rendu public ce vendredi 17 octobre à Kinshasa, l’organisation dirigée par Me Georges Kapiamba réclame une enquête crédible sur l’utilisation des fonds alloués à la lutte contre le virus Ebola.
Selon l’ONG de défense des droits, « plusieurs informations concordantes » font état d’une gestion opaque de deux importantes enveloppes financières. La première, d’un montant de 700 millions de dollars, aurait été octroyée par les bailleurs de fonds aux partenaires de mise en œuvre. La seconde, estimée à 50 millions de dollars, aurait été directement versée par le gouvernement de la République démocratique du Congo au ministère de la Santé publique, Hygiène et Prévoyance sociale.
Éviter l’amalgame et garantir la redevabilité
Afin de déférer à l’obligation de redevabilité et de lever toute ambiguïté, l’ACAJ tient à distinguer la contribution de l’État congolais de celle des bailleurs de fonds (gérée directement par leurs partenaires). L’association demande donc spécifiquement à l’IGF de diligenter un audit sur l’affectation des 50 millions de dollars mis à la disposition du ministère de la Santé.
L’ACAJ ne souhaite pas s’arrêter à la simple inspection financière. Elle exige également que les conclusions de cet audit soient directement transmises à l’autorité judiciaire compétente, ouvrant ainsi la voie à d’éventuelles poursuites judiciaires si des malversations étaient avérées.
Cette démarche musclée de l’ACAJ intervient dans un contexte où la transparence dans la gestion des fonds destinés à la riposte contre Ebola demeure une préoccupation majeure pour la société civile congolaise, qui reste vigilante face à l’utilisation des deniers publics et de l’aide internationale.
