La Première ministre, Judith Suminwa Tuluka, a déposé mardi au Bureau de l’Assemblée nationale le projet de loi de finances pour l’exercice 2027, chiffré à 56.929 milliards de francs congolais, soit 24,8 milliards de dollars américains. La Cheffe du gouvernement a également déposé le projet de loi portant reddition des comptes de l’exercice 2025, conformément aux dispositions constitutionnelles et légales en matière budgétaire, notamment l’article 126 de la Constitution. Avec budget présenté comme celui « d’action et de souveraineté », le projet de loi de finances 2027 entend traduire en crédits budgétaires les engagements du Président de la République contenus dans le Programme d’actions du Gouvernement.
La Cheffe du gouvernement était accompagnée notamment des vice-Premiers ministres Daniel Mukoko Samba, en charge de l’Économie nationale, et Adolphe Muzito, en charge du Budget, du ministre d’État chargé des Relations avec le Parlement, Guy Loando, du Ministre des Finances, Doudou Fwamba, du ministre du Travail, Massamba Wa Massamba, ainsi que du ministre de la Communication et Médias, Porte-parole du gouvernement, Patrick Muyaya.
Le dépôt des projets de loi de finances 2027 et de la reddition des comptes 2025 ouvre désormais la phase d’examen parlementaire des prévisions budgétaires et des résultats de l’exécution du précédent exercice. La reddition des comptes permettra notamment au Parlement d’examiner l’exécution effective du budget et les écarts entre les prévisions et les réalisations.
Selon la Primature, le projet de loi de finances 2027 est structuré autour de trois priorités majeures : la sécurité, le pouvoir d’achat et les investissements.
La sécurité et la défense figurent parmi les priorités annoncées par la Première Ministre, avec l’objectif de soutenir le retour de la paix, particulièrement dans l’Est du pays.
« Nous avons travaillé sur un budget qui regarde les questions de sécurité et de défense parce que nous devons vraiment travailler sur le retour de la paix dans notre pays et particulièrement à l’est du pays », a déclaré Judith Suminwa à l’issue du dépôt.
Cette priorité sécuritaire intervient dans un contexte marqué par la persistance des conflits armés dans l’Est, et alors que le Gouvernement réaffirme sa volonté de restaurer l’autorité de l’État sur l’ensemble du territoire national. Le budget 2027 devrait ainsi consacrer une part importante aux Forces armées, à la Police nationale et aux efforts diplomatiques en cours.
Le deuxième axe concerne le pouvoir d’achat des Congolais. Le Gouvernement entend agir sur ce levier à travers le renforcement des investissements dans l’agriculture et l’amélioration de la production locale. La rémunération des agents et fonctionnaires de l’État figure aussi parmi les préoccupations prises en compte dans le projet, en lien avec les engagements pris dans le cadre des accords syndicaux.
La Première ministre a insisté sur la nécessité de produire localement pour réduire la dépendance aux importations et stabiliser les prix des produits de première nécessité. L’agriculture, considérée comme un secteur clé pour la souveraineté alimentaire, devrait bénéficier d’une augmentation des crédits alloués.
Les infrastructures constituent un autre axe majeur du projet de budget. Judith Suminwa a notamment cité les routes, les aéroports et les universités parmi les secteurs devant bénéficier de l’effort d’investissement public. Il s’agit, selon elle, de soutenir la connectivité du territoire, d’améliorer la mobilité et de moderniser les infrastructures de formation et de transport.
Aussi, le Gouvernement mise sur une mobilisation accrue des recettes pour donner davantage de moyens à l’action publique. La Première Ministre a évoqué le renforcement de la digitalisation des services d’assiette ainsi que le suivi de la facture normalisée et de la TVA.
L’objectif affiché est de rapprocher les ressources mobilisées des ambitions de développement du pays. La digitalisation est présentée comme un instrument essentiel pour lutter contre la fraude, élargir l’assiette fiscale et améliorer la traçabilité des recettes.
Le projet de budget prend également en compte le contexte politique et institutionnel. La Première Ministre a indiqué que des crédits sont prévus pour accompagner les élections et l’identification de la population.
Elle a également assuré que le dialogue national convoqué par le Président de la République a été intégré dans les prévisions budgétaires.
« D’ailleurs, le dialogue national convoqué par le Président de la République a été pris en charge. Notamment aussi des crédits budgétaires pour les élections, pour l’identification de la population », a-t-elle assuré.
Le gouvernement entend ainsi inscrire le budget 2027 dans une logique de continuité de l’action publique, tout en tenant compte des principaux défis auxquels le pays fait face : sécurité, pouvoir d’achat, production agricole, infrastructures, cohésion nationale et mobilisation des recettes.
Ce budget record de 56.929 milliards de francs congolais marque une progression par rapport aux exercices précédents et traduit, selon la Primature, la volonté de l’Exécutif de doter l’État de moyens à la hauteur de ses ambitions en matière de souveraineté et d’action pour le développement.
