RDC : le Gouvernement mobilise 2,4 millions USD pour réhabiliter les voies fluviales et désenclaver les bassins de production

Congo Nouveau
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Le Gouvernement congolais veut renforcer le transport fluvial pour faciliter l’acheminement des produits agricoles vers les grands centres de consommation. Un financement de 2.423.310 dollars américains vient d’être mobilisé pour aménager près de 2.300 kilomètres de voies navigables sur deux corridors stratégiques du pays.

Le transport fluvial congolais s’apprête à bénéficier d’un important coup de pouce financier. Le Fonds de Régulation Économique (FOREC), établissement placé sous la tutelle du Ministère de l’Économie nationale, et la Régie des Voies Fluviales (RVF), relevant du Ministère des Transports, Voies de Communication et Désenclavement, ont signé, vendredi 28 août 2026 à Kinshasa, un protocole d’accord portant sur le financement d’un programme d’aménagement et d’entretien des voies navigables.

D’un montant de 2.423.310 dollars américains, cette enveloppe doit permettre de réhabiliter et sécuriser plusieurs corridors fluviaux considérés comme stratégiques pour l’économie nationale. L’objectif est notamment de désenclaver les bassins de production et de faciliter l’évacuation des produits agricoles vers les principaux marchés de consommation.

Près de 2.300 kilomètres ciblés

La République démocratique du Congo dispose d’environ 16.000 kilomètres de voies navigables, qui constituent un important réseau de transport et d’intégration économique. Cependant, leur exploitation reste confrontée à plusieurs difficultés, notamment la dégradation des conditions de navigabilité, l’insuffisance du balisage et la présence d’obstacles physiques.

Le programme financé par le FOREC prévoit ainsi une intervention prioritaire sur un linéaire global de 2.299 kilomètres, réparti sur deux grands corridors.

Le premier concerne l’axe Nord-Ouest, reliant Kinshasa à Mogalo par le fleuve Congo sur 600 kilomètres, puis par la rivière Ubangi sur 356 kilomètres et la rivière Lua sur 142 kilomètres, jusqu’à proximité de Gemena.

Le second concerne l’axe Centre-Sud, de Kinshasa à Ndomba. Il comprend notamment le fleuve Congo jusqu’à Kwamouth sur 193,5 kilomètres, la rivière Kasaï sur 605 kilomètres, la Sankuru sur 464,5 kilomètres et la Lubi sur 131,5 kilomètres, jusqu’à Ndomba, située à environ 83 kilomètres de Mbuji-Mayi.

Un enjeu économique au-delà du simple balisage

Pour le Secrétaire exécutif du FOREC, Jean-Paul Nemoyato, l’enjeu de ce programme ne se limite pas à améliorer les conditions de navigation. Il s’agit surtout de rétablir des corridors logistiques permettant de relier les zones de production agricole aux marchés.

« L’amélioration de la navigabilité devrait ainsi contribuer à faciliter l’évacuation des produits agricoles, à fluidifier les échanges commerciaux et à réduire les coûts logistiques », a-t-il souligné.

Une attention particulière est portée aux zones productives du Sud-Ubangi et de l’espace Kasaï, dont les producteurs pourront bénéficier d’un meilleur accès aux circuits de commercialisation.

L’amélioration du réseau fluvial pourrait ainsi contribuer à réduire les difficultés d’acheminement des marchandises, à soutenir les échanges commerciaux et à renforcer l’approvisionnement des grands centres urbains.

Un mécanisme de suivi pour garantir l’utilisation des fonds

Le programme sera également accompagné d’un dispositif de suivi destiné à assurer la traçabilité des ressources financières, le contrôle de leur utilisation et la bonne exécution des travaux.

Un comité de suivi réunira notamment des représentants du Ministère de l’Économie nationale, du Ministère des Transports, Voies de Communication et Désenclavement, du Ministère du Développement rural, ainsi que de la Cellule de Redressement Productif (CEREP), du FOREC et de la RVF.

La Direction générale de la RVF a, pour sa part, salué la portée stratégique de ce financement, estimant qu’il constitue une étape importante pour sécuriser la navigation et améliorer la connectivité entre les différents territoires du pays.

À travers cette initiative, le Gouvernement entend renforcer la circulation des biens, rapprocher les zones de production des marchés et soutenir les économies locales. À terme, l’amélioration de ces corridors fluviaux doit également contribuer à sécuriser l’approvisionnement des grands centres de consommation et à réduire les coûts logistiques en RDC.

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