FPI : Judith Suminwa lance la phase de recouvrement pour récupérer 350 millions USD de créances

Congo Nouveau
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La Première Ministre Judith Suminwa Tuluka a présidé mardi 21 juillet à Kinshasa la deuxième réunion stratégique de la Commission spéciale chargée du recouvrement des créances en souffrance du Fonds de Promotion de l’Industrie (FPI). Objectif: récupérer près de 350 millions de dollars américains pour renforcer les capacités financières de cet établissement public.

Cette réunion intervient dans le cadre de l’exécution des orientations données lors du Conseil des ministres du 10 avril 2026. À l’époque, le Président de la République avait qualifié ce dossier de « hautement prioritaire », estimant que la recapitalisation du FPI est un levier essentiel pour l’industrialisation de la RDC.

Un rapport de catégorisation déjà remis à la Cheffe du Gouvernement

Conduite par le ministre de l’Entrepreneuriat et Développement des PME, Justin Kalumba Mwana Ngongo, assumant l’intérim du ministère de l’Industrie, la commission a présenté un premier état des lieux.

« Nous avons déjà remis à Son Excellence Madame la Première ministre un premier rapport portant sur la catégorisation des créances. Au total, six catégories de créances ont été identifiées », a indiqué le ministre.

Selon lui, ce travail permet de distinguer les différents débiteurs, d’évaluer les blocages au recouvrement, de définir une stratégie adaptée et d’identifier les administrations compétentes pour mener les actions.

Phase amiable d’abord, coercition ensuite

Le gouvernement privilégie dans un premier temps le règlement à l’amiable. « Une première phase sera consacrée au recouvrement à l’amiable. En revanche, pour les débiteurs récalcitrants, il sera procédé, le moment venu, à un recouvrement par voie forcée », a prévenu Justin Kalumba.

C’est un appel direct lancé aux entreprises et particuliers concernés : « s’acquitter volontairement de leurs obligations avant que les mesures coercitives ne soient engagées ».

Pour accélérer le travail, trois sous-commissions thématiques ont été mises en place. Elles disposent d’un délai d’un mois pour remettre leurs premiers rapports à la Première ministre. Des communiqués seront ensuite publiés pour informer l’opinion.

Le ministre note déjà « des avancées »: « Certains débiteurs de bonne foi nous ont écrit afin d’engager des négociations pour un règlement à l’amiable ».

La réunion tenue à la Primature a réuni un casting inédit. Le Président de la Cour Constitutionnelle, le Premier Président de la Cour de Cassation, les VPM du Budget et de l’Economie, les ministres des Affaires foncières et du Portefeuille, le Conseiller spécial du Chef de l’Etat en matière de sécurité étaient présents.

On note aussi la participation de l’IGF, du CNC, de l’ANR, de la DGM et du Comité de gestion du FPI.

Cette composition montre la volonté du Gouvernement de verrouiller le processus. « Le format même de cette réunion démontre qu’il sera désormais très difficile pour les débiteurs d’échapper à leurs obligations », a souligné Justin Kalumba.

Répondant aux accusations de « chasse aux sorcières », il a été ferme : « Il ne s’agit nullement d’une chasse aux sorcières. Si une personne a contracté une dette envers l’Etat et ne l’a pas remboursée, il est normal qu’elle soit invitée à s’en acquitter ».

Un enjeu pour l’industrialisation

Créé pour financer l’industrie congolaise, le FPI est aujourd’hui asphyxié par les impayés. La récupération des 350 millions USD visés doit permettre de relancer les lignes de crédit aux PME et aux projets industriels.

Cette opération s’inscrit aussi dans le Programme d’Actions du Gouvernement axé sur la bonne gouvernance et la mobilisation des ressources internes.

La Première ministre a instruit la commission de lui rendre compte chaque mois de l’évolution du recouvrement.

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