La société Divo a apporté ce vendredi 24, devant le Tribunal de Grande Instance d Kinshasa/Gombe, un ensemble de preuves visant à démontrer la régularité de ses prestations dans le cadre du contrat qui la lie au Fonds Spécial de Répartition de l’Indemnisation aux Victimes des activités illicites de l’Ouganda (FRIVAO).
À la barre, les représentants de Divo ont d’abord établi qu’un documentaire d’1h15 a bien été réalisé et officiellement réceptionné par le FRIVAO. Le film, projeté lors de l’audience, atteste de l’effectivité de la commande.
Sur le plan financier, la société a indiqué que la facture globale s’élève à 640 000 USD hors taxes. Ce montant couvre la conception, la production, la postproduction, la communication, l’événement de présentation ainsi que la distribution mondiale du film.
Divo a également clarifié un point sensible : la réception d’un double paiement. Par courrier, l’entreprise a elle-même signalé avoir reçu par erreur 512 000 USD sur son compte. Le montant a été immédiatement remboursé par ses services. Une compensation a ensuite été opérée avec le solde qui lui était dû. Selon ses avocats, Divo ne doit donc aucun argent au FRIVAO.
Concernant l’exécution, la société a produit des photos et vidéos prouvant qu’une équipe française et américaine a travaillé pendant 15 jours à Kisangani. Un travail qualifié de « haute facture » par le FRIVAO lui-même, selon les pièces versées au dossier.
Divo a tenu à se démarquer d’un autre volet de l’affaire : elle n’est pas concernée par un documentaire de 6 minutes qui aurait coûté 1,6 million USD, largement évoqué dans l’opinion.
Le débat a toutefois révélé une irrégularité côté FRIVAO. Le fonds aurait versé l’acompte à Divo après la signature du contrat, mais avant d’obtenir l’Avis de Non Objection de la Direction Générale du Contrôle des Marchés Publics (DGCMP). Pour la défense, cette faute de procédure relève exclusivement de la responsabilité du FRIVAO et ne saurait être imputée à Divo, qui a exécuté sa part du contrat.
Le tribunal poursuit l’examen du dossier. À ce stade, les éléments présentés par Divo visent à établir qu’elle a livré la prestation commandée et qu’aucun détournement ne lui est imputable.
