La République démocratique du Congo continue de figurer parmi les pays les plus mal classés au monde en matière de corruption perçue. C’est ce que révèle l’Indice de perception de la corruption (IPC) 2025, publié ce mardi 10 février 2026 par l’ONG Transparency International.
Avec un score de 20 sur 100 et une 163e place sur 182 pays et territoires évalués, la RDC demeure dans le bas du classement mondial. Un constat qui s’inscrit dans une tendance régionale préoccupante : l’Afrique subsaharienne reste la région la moins performante de l’indice, avec une moyenne de 32 points. Sur les 49 pays évalués dans la région, seuls quatre dépassent la barre des 50 points.
Dans son analyse régionale, Transparency International cite des situations contrastées. L’Angola, avec un score de 32, a gagné 17 points depuis 2015, mais reste dans la partie inférieure du classement, tandis que le Mozambique a perdu 10 points sur la dernière décennie. Les Seychelles, pays le mieux classé de la région avec 68 points, voient toutefois leurs dispositifs anticorruption remis en question par des retards judiciaires dans une affaire de blanchiment présumé.
À l’inverse, les scores les plus faibles sont attribués au Soudan (14), à l’Érythrée (13), à la Somalie (9) et au Soudan du Sud (9).
Des chiffres qui traduisent une réalité quotidienne
Derrière ces statistiques, ce sont surtout des réalités humaines qui se dessinent. L’IPC ne mesure pas des cas judiciaires, mais la perception du niveau de corruption dans le secteur public. Et cette perception, en RDC comme ailleurs, se reflète dans la vie de tous les jours :
- Services publics défaillants
- Infrastructures inexistantes
- Hôpitaux sous-équipés
- Écoles délabrées
- Routes impraticables
Autant de signes visibles d’un système fragilisé, où la corruption prive les citoyens de services essentiels et entretient un climat de défiance.
Pour Transparency International, la corruption n’est pas seulement une question de mauvaise gouvernance. Elle est un facteur direct du sous-financement des services essentiels et une menace pour les espoirs de la jeunesse.
Dans un pays riche en ressources naturelles, la mauvaise gestion et le détournement des fonds publics empêchent la construction d’écoles modernes, la réhabilitation des hôpitaux et l’entretien des routes. La jeunesse congolaise, majoritaire dans la population, voit ses espoirs compromis par un système qui détourne les richesses au lieu de les investir dans l’avenir.
Un classement qui interpelle
L’IPC classe les pays sur une échelle de 0 (très corrompu) à 100 (très intègre). Ce classement ne constitue pas une condamnation définitive, mais un appel à l’action.
Pour Transparency International, les dirigeants doivent :
- S’attaquer aux causes structurelles de la corruption
- Renforcer les institutions
- Protéger la société civile
- Restaurer les mécanismes de contrôle démocratique
Au-delà du classement, l’enjeu est immense : il s’agit de redonner aux Congolais des services publics fonctionnels, une gestion transparente des ressources nationales et, surtout, l’espoir que les choses peuvent changer.
La lutte contre la corruption ne se résume pas à des réformes administratives. Elle implique une volonté politique forte, une mobilisation citoyenne et une pression constante de la communauté internationale. Sans cela, les chiffres de l’IPC continueront de refléter une réalité douloureuse : celle d’un pays riche en potentiel, mais paralysé par un mal endémique.
La RDC, classée parmi les pays les plus corrompus du monde selon l’IPC 2025, se trouve face à un défi historique. L’heure n’est plus aux constats, mais à l’action. Car derrière les statistiques, ce sont des millions de vies qui attendent un changement réel, une gouvernance intègre et un avenir digne.
Roger AMANI
