Malgré la démission de Bahati Lukwebo de son poste de deuxième vice-président du Sénat, le processus d’examen de la pétition enclenché à la chambre haute du Parlement se poursuit. La commission spéciale et temporaire chargée de statuer sur la pétition visant sa destitution, a siégé jeudi 19 mars.
Selon la procédure, il sera question pour cette commission d’auditionner les différents protagonistes, à savoir les sénateurs pétitionnaires ainsi que le sénateur mis en cause.
Cette commission est composée de 27 membres issus des provinces de la République démocratique du Congo et un représentant non inscrit. Parmi les délégués des provinces figurent : Anicet Babanga, Cédrick Ngindu, Joseph Ngalamulume, Janvier Mwisha, Baby Vangu, Remo Yossa. Elle dispose d’un délai de 72 heures pour soumettre son rapport à la plénière. Cette pétition initiée par le sénateur Dany Kabongo, a recueilli 83 signatures. Elle met en cause Bahati Lukwebo accusé d’« incompétence » dans l’exercice de ses fonctions.
Bahati Lukwebo, cadre de l’Union sacrée et désormais ancien deuxième vice-président du Sénat a été contraint à démissionner pour s’être opposé à la démarche tendant à la révision ou au changement de la Constitution. Mais l’homme s’était expliqué sur ce malentendu. Sa démission vise à privilégier la sérénité au sein de l’Union sacrée de la nation. « Je me disais que ça ne sert à rien d’engager un bras de fer avec mes collègues. De toutes les façons, quand on reçoit un mandat, on doit se préparer à le quitter à tout moment. Comme il y a eu des incompréhensions à la suite de ma déclaration, je croyais avoir été compris en disant qu’il faut beaucoup travailler sur l’homme, sur sa mentalité et son comportement pour espérer que le texte soit bien appliqué », a déclaré Bahati Lukwebo.
Si plusieurs membres de la plateforme politique Union sacrée de la Nation se sont déjà prononcés en faveur de la révision ou du changement de la Constitution, à l’opposition, c’est la colère. Cette dernière dénonce une démarche qu’elle qualifie de suicidaire dans un contexte de guerre et d’occupation d’une partie du pays par la rébellion de l’AFC/M23. Elle invite ainsi le pouvoir en place à abandonner cette voie et à privilégier la stabilité et la concorde nationale.
