Accord-cadre Gouvernement-AFC/M23 : Tshisekedi va-t-il cautionner l’impunité ?

Congo Nouveau
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Un pas de plus vers un accord de paix ? Le gouvernement de la République démocratique du Congo et les rebelles du M23 ont signé samedi 15 novembre un accord-cadre en vue d’un accord de paix visant à mettre fin aux combats dans l’est du pays.

Ce document a été signé par des représentants des deux parties lors d’une cérémonie organisée dans la capitale du Qatar, Doha. Soutenu par le Rwanda voisin, le M23 s’est emparé en janvier de Goma, la plus grande ville de l’est de la RD Congo, avant de poursuivre son avancée dans les provinces du Nord-Kivu et du Sud-Kivu. Une offensive qui a tué des milliers de Congolais à Goma et dans les différentes localités de la province du Nord-Kivu. Cet accord-cadre qui prévoit notamment la libération des prisonniers de deux camps pourrait ouvrir la voie à l’impunité, en libérant des personnalités impliquées dans des crimes graves et en mettant Corneille Nangaa et Sultani Makenga hors cause.

Félix Tshisekedi va-t-il consacrer une telle impunité ? Si les auteurs de crimes au sein du M23 arrivent à se soustraire grâce à ces accords de Doha, le cycle de l’insécurité et des rébellions ne sera pas rompu et l’est du pays ne sera pas tiré d’affaire.

L’offensive menée par le M23 en janvier dernier a fait des milliers de morts et provoqué le déplacement de centaines de milliers de personnes, tout en poussant l’ensemble des pays de la région des Grands Lacs au bord d’une guerre ouverte.

En parallèle d’une médiation du président américain Donald Trump entre Kinshasa et Kigali, le Qatar a accueilli plusieurs cycles de pourparlers directs entre le gouvernement congolais et les rebelles depuis avril, mais ceux-ci ont principalement porté sur les conditions préalables à un accord de paix et sur les mesures de confiance à mettre en place.

Les deux belligérants ont adopté en juillet une déclaration de principes qui laissait de côté de nombreuses questions clés à l’origine du conflit, et en octobre, ils ont conclu un accord sur la supervision d’un éventuel cessez-le-feu.

L’accord-cadre signé samedi devrait théoriquement permettre d’accélérer les discussions visant à mettre fin à ce conflit qui ensanglante le pays depuis trois décennies. Mais à l’allure où vont les choses, ces causes profondes peuvent aussi constituer des prétextes de certains individus manipulés par le Rwanda pour attaquer la RD Congo de manière cyclique.

CN

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