Dans le paysage politique de l’opposition congolaise en constante recomposition, la coalition C64 (Coalition pour le Changement) semble désormais redéfinir la dynamique autour de Joseph Kabila, plutôt que de ses propres membres.
Figure de proue de l’opposition depuis la présidentielle de 2018, le leader de l’Engagement pour la Citoyenneté et le Développement (ECiDé), Martin Fayulu voit progressivement son magistère individuel se fondre dans une dynamique collective plus vaste.
Alors que Martin Fayulu a longtemps incarné à lui seul la résistance politique et la quête de la « vérité des urnes », l’émergence et la structuration de la C64 imposent un nouveau paradigme celui de vouloir devenir médiateur en faveur du retour de la paix dans l’Est du pays, en mettant sur la même table Félix Tshisekedi et Joseph Kabila.
Pour de nombreux observateurs de la scène politique, la coalition ne se contente plus d’être un simple espace de concertation : elle absorbe l’agenda politique, les ambitions présidentielles et le leadership naturel de l’opposant Martin Fayulu Madidi.
Ce recentrage stratégique soulevant des interrogations : s’agit-il d’un effacement progressif au profit d’une dynamique collective, ou au contraire d’un calcul politique visant à élargir sa base en vue des prochaines échéances ? Si la C64 offre une tribune élargie et une force de frappe renouvelée face au pouvoir en place, elle contraint également Martin Fayulu à partager le devant de la scène et à diluer son empreinte personnelle au sein d’un bloc multipartite aux aspirations plurielles.
