Conflit de limites Kasaï-Central/ Kasaï-Oriental : Shabani annonce une commission mixte

Mutuma Kuamba
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Le vice-Premier ministre de l’Intérieur, Sécurité, Décentralisation et Affaires coutumières, Jacquemain Shabani Lukoo Bihango, a annoncé la mise en place prochaine d’une commission mixte pour statuer sur le conflit de limites administratives entre le Kasaï-Central et le Kasaï-Oriental.
L’annonce a été faite mardi 29 septembre au bord du lac Munkamba, dans le territoire de Kabeya-Kamwanga, au Kasaï-Oriental, à l’issue d’une séance de travail qu’il a présidée dans le cadre de son itinérance sécuritaire dans l’espace Grand-Kasaï.

La rencontre a réuni les deux gouverneurs concernés, Joseph Moïse Kambulu N’Konko du Kasaï-Central et Jean-Paul Mbwebwa Kapo du Kasaï-Oriental, autour de ce différend frontalier qui persiste depuis plusieurs années.

Le conflit porte principalement sur la zone frontalière autour du lac Munkamba, entre le territoire de Dimbelenge au Kasaï-Central et celui de Kabeya-Kamwanga au Kasaï-Oriental, ainsi que sur certaines zones du territoire de Dibaya. Des localités où les limites administratives et coutumières sont contestées.

À l’issue des échanges, les deux gouverneurs ont exprimé leur volonté commune de parvenir à une résolution pacifique et durable du différend, afin de préserver la cohabitation entre communautés voisines.

Pour y parvenir, le patron de la territoriale a annoncé la création imminente d’une commission mixte. Cette structure sera composée notamment d’experts de l’Institut géographique du Congo (IGC) et d’autres services techniques compétents de l’État.

Sa mission sera d’examiner de manière approfondie les limites contestées, de vérifier les tracés officiels et de proposer des solutions appropriées, sur base de données cartographiques et juridiques, en vue de prévenir toute nouvelle tension.

Cette initiative intervient alors que les causes du conflit sont essentiellement foncières et agricoles. Sur le terrain, les communautés de part et d’autre s’accusent mutuellement d’empiétement sur les terres et de violation des limites administratives ou coutumières, particulièrement pendant les périodes de culture et de récolte. Des incidents qui dégénèrent parfois en affrontements et déplacent des ménages.

En instituant cette commission, le gouvernement entend privilégier la voie technique et légale pour trancher durablement le litige, plutôt que laisser les communautés régler elles-mêmes leurs différends.

Après cette étape au Kasaï-Oriental, le VPM Jacquemain Shabani a poursuivi son itinérance sécuritaire dans la province du Kasaï-Central, où il est arrivé à 1 heure du matin ce lundi à Kananga, chef-lieu de province.

Dans cette province, il est attendu pour procéder au lancement officiel de la vulgarisation des textes légaux relatifs aux Comités locaux et provinciaux de sécurité. Ces structures, prévues par la législation congolaise, visent à renforcer la gouvernance sécuritaire de proximité en associant autorités administratives, forces de défense et de sécurité, et leaders communautaires.

Cette itinérance sécuritaire du VPM de l’Intérieur dans l’espace Grand-Kasaï s’inscrit dans la stratégie du gouvernement central visant à prévenir les conflits intercommunautaires liés aux limites, à consolider la paix et à renforcer l’autorité de l’État dans cette région du centre du pays.

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