Le journaliste congolais Jérôme Byamungu Migayo a lancé un message d’alerte depuis le site des réfugiés de Musenyi au Burundi, où il s’est retranché depuis le 27 août, dénonçant la situation humanitaire imposée aux populations fuyant la guerre de l’AFC/M23 à l’Est de la RDC.
« Je ne vous parle pas depuis un bureau climatisé à Goma ou Bukavu. Je vous parle depuis la poussière. Depuis les tentes. Depuis la faim », écrit le journaliste qui dit parler au nom des mamans de Kamanyola, des étudiants de Walungu et des enfants privés d’école.
Dans son message intitulé « Journaliste en danger », Jérôme Byamungu affirme que la guerre a un visage à Musenyi : « C’est le visage d’une maman qui a traversé la rivière avec 3 enfants sur le dos. C’est le visage d’un étudiant de l’ISDR qui a laissé ses syllabus pour sauver sa vie. C’est le visage d’un vieux qui dit je ne sais pas si je reverrai ma terre ».
« On nous a tout pris, sauf notre dignité. On nous a tout volé, sauf notre voix », a-t-il poursuivi.
Le journaliste dénonce trois faits, à savoir: l’occupation qui transforme les universités en camps de déplacés, le silence de ceux qui voient et se taisent, et la misère imposée au peuple pendant que d’autres pillent les minerais.
« Nous ne sommes pas des réfugiés par choix. Nous sommes des résistants par devoir. Musenyi n’est pas notre tombeau. Musenyi est notre caserne. Ici on pleure, mais ici on s’organise aussi », affirme-t-il.
Dans son appel, il interpelle la communauté internationale : « Regardez Kamanyola. La libération ne ressemble pas à ça », et le Gouvernement congolais : « Protégez-nous. Ramenez-nous chez nous. La tête haute ».
« Goma, Bukavu, Kamanyola, Walungu ne céderont jamais ! Même réfugié, je reste journaliste. Même sous la tente, je reste Congolais », conclut Jérôme Byamungu Migayo qui dit garder espoir que le Congo nouveau naîtra de cette souffrance.
