L’un des plus grands producteurs d’huile de palme en République démocratique du Congo (RDC),
Plantations et Huileries du Congo (PHC S.A) passe à la contre-attaque. Dans un communiqué publié lundi 6 juillet, la société répond aux critiques sur la sortie de l’Etat congolais de son actionnariat et dénonce des “informations mensongères” visant à “ternir gratuitement” son image.
PHC affirme être la cible de “certaines personnes mal intentionnées et instrumentalisées”. Selon l’entreprise, ces attaques ne visent pas seulement la société, mais aussi ses dirigeants, ses actionnaires et “plusieurs personnalités publiques congolaises”.
Pour se défendre, PHC brandit un argument juridique. Elle rappelle qu’elle opère “dans le strict respect des lois” de la RDC et sous supervision des autorités compétentes.
Sur le fond, la société évoque le dossier RRC 222, traité par le Tribunal de commerce. Dans une ordonnance rendue dans ce cadre, le tribunal a “confirmé la validité et la régularité du processus” de désengagement volontaire de l’Etat du capital de PHC.
Pour la société, cette décision clôt le débat. “Toute tentative de remettre en cause cette décision par des allégations non fondées” ne peut pas, dit-elle, “remettre en cause les décisions rendues par les juridictions compétentes”.
PHC dit rester attachée aux libertés d’expression et de la presse, “principes fondamentaux dans un Etat de droit”. Elle fixe cependant une limite. Ces libertés “ne sauraient justifier la diffusion d’accusations graves, diffamatoires ou mensongères”.
Conséquence : l’entreprise se réserve le droit de saisir la justice. Elle menace de poursuites contre les auteurs et relais des publications visées, des faits “susceptibles de constituer des infractions” au Code pénal congolais.
PHC S.A. est l’un des plus grands producteurs d’huile de palme en RDC. Créée à l’époque coloniale, la société a longtemps été détenue majoritairement par l’Etat congolais.
En 2011, dans le cadre d’un programme de privatisation, l’Etat a cédé 60% de ses parts à un consortium d’investisseurs privés : le groupe canadien Feronia Inc, aujourd’hui remplacé par une société basée aux Îles Vierges Britanniques.
Depuis, le dossier de la gestion de PHC suscite des débats récurrents. Syndicats, ONG et certains acteurs politiques dénoncent régulièrement les conditions sociales, environnementales et la gouvernance de l’entreprise. La sortie définitive de l’Etat du capital, validée par la justice dans le dossier RRC 222, relance les tensions autour de l’avenir de ce fleuron agro-industriel congolais.
