La Société Nationale d’Électricité (SNEL) a connu un changement de direction en septembre 2025, avec la nomination de Teddy Lwamba à la tête de l’entreprise, succédant à Fabrice Lusinde. Les deux dirigeants affichent des approches différentes pour améliorer la fourniture d’électricité en République Démocratique du Congo (RDC), particulièrement à Kinshasa.
Fabrice Lusinde : un mandat marqué par des avancées notables
Sous sa direction, la SNEL a réalisé plusieurs progrès significatifs, notamment :
- la réhabilitation des turbo-alternateurs des barrages d’Inga I et II, augmentant la capacité de production d’électricité ;
- la réduction des coupures de courant dans la capitale ;
- la digitalisation de la facturation avec les compteurs prépayés ;
- la signature d’un partenariat avec Shanghai Electric pour l’électrification de la zone Kinshasa-Nord.
Cependant, sa gestion a été perturbée par des tensions internes et différentes accusations. L’Assemblée nationale avait réclamé son limogeage, et finalement, il a été évincé de la tête de la SNEL.
Sous Teddy Lwamba, les coupures persistent
Les consommateurs espéraient un nouveau départ dans la desserte en électricité.
Teddy Lwamba, expert en énergie, porte une vision ambitieuse axée sur :
- la modernisation de la distribution électrique ;
- l’amélioration de la gouvernance interne ;
- l’accroissement de la production énergétique ;
- le rétablissement de la confiance entre la SNEL et les Congolais.
Il a rapidement identifié plusieurs défis majeurs, dont le faible taux d’accès à l’électricité — estimé à 19 % en 2020 — et la vétusté des infrastructures.
Le défi récurrent des coupures intempestives
Avant comme après Lusinde, la situation n’a pratiquement pas changé.
La nomination de Teddy Lwamba n’a apporté aucune amélioration notable dans la desserte, surtout à Kinshasa.
« Les coupures intempestives d’électricité restent un problème majeur en RDC, notamment à Kinshasa. Les causes incluent la vétusté des infrastructures, le manque d’entretien et la demande croissante en énergie », explique un expert en électricité.
Il ajoute :
« Plusieurs communes et quartiers de la capitale plongent dans le noir pendant plusieurs jours. Même la commune de la Gombe, centre administratif et commercial du pays, n’est pas épargnée. Miroir de la capitale, la Gombe devient invivable à cause des coupures incessantes. »
La situation s’aggrave encore pendant la saison des pluies. Plusieurs communes de Kinshasa sont inondées, provoquant des pertes en vies humaines par électrocution, des effondrements d’habitations et l’engloutissement de maisons dans les érosions.
Un changement de dirigeants, mais pas de résultats
Le changement d’animateurs à la SNEL n’a pas apporté d’amélioration tangible : les mêmes causes produisent les mêmes effets.
La société est plus que jamais appelée à relever ce défi majeur afin d’améliorer la vie quotidienne des Congolais.
