Le ministre d’Etat en charge de la Justice et Garde des Sceaux, Constant Mutamba s’implique dans le dossier du décès de Fiston Kabeya, policier commis à la circulation routière (PCR) dans la commune de Ngaliema à Kinshasa. Le patron de la justice tient à ce que le droit soit dit et la vérité rétablie sur les conditions de la mort de ce policier qui faisait bien son travail. Constant Mutamba donne « injonction à l’Auditeur supérieur de la Gombe d’appréhender, d’engager des poursuites en flagrance contre les auteurs de ces actes barbares », lit-on dans un communiqué, et tient à ce « qu’ils subissent la rigueur de la loi ».
Que s’est-il réellement passé?
Les faits du décès du PCR Fiston Kabeya remontent à mardi 25 mars dernier et se sont déroulés sur l’avenue Mondjiba.
Et pour cause:
l’escorte de la Première ministre, Judith Suminwa Tuluka, se rendant à la Cité de l’Union africaine (UA), a emprunté la voie en sens inverse, communément appelé « sens unique » par les Kinois.
Plusieurs sources recoupées ainsi que des témoignages recueillis disent que le policier Fiston Kabeya aurait alors prononcé des paroles telles que : « Allez à l’Est, arrêtez de perturber les gens ici ». Ces propos méritaient-ils sa mort ? Non, estiment plusieurs observateurs qui fustigent l’excès du zèle dans le chef des policiers commis à la sécurité de la Première ministre.
» Après avoir entendu les propos crachés par le policier, un des véhicules de patrouille de l’escorte a fait demi-tour. Les policiers à bord ont interpellé l’agent et l’ont conduit à l’Auditorat militaire, où il a été entendu sur procès-verbal mardi dernier », apprend-on.
Et de poursuivre: « Ce n’est que vendredi dernier qu’il a commencé à se sentir mal et a été transféré à l’hôpital militaire du Camp Kokolo ».
Les mêmes sources racontent qu’il est décédé environ cinq jours après les faits, soit dimanche, 30 mars dernier.
Une vidéo devenue virale sur les réseaux sociaux montrent un groupe de policiers en train de violenter une personne en le battant et en le déshabillant.
Selon Top Congo, cette vidéo devenue virale n’est pas liée aux événements du décès du policier Fiston Kabeya.
« Sur cette vidéo qui suscite l’émotion, il s’agit d’éléments de la police anti-émeutes, et non de ceux affectés à la garde de la Première ministre.
La garde rapprochée de la Première ministre relève de l’unité spéciale des VIP, qui dépend du Commissariat général sous la tutelle du ministère de l’Intérieur », rapporte la même source.
Des enquêtes annoncées pourront établir toute la vérité.
Judith Suminwa sur les pas de Dolly Makambo
La mort du policier commis à la circulation routière ecabouse la Première ministre,vJudith Suminwa.
Par le passé, précisément en 2019, le ministre provincial de l’Intérieur de la ville de Kinshasa, Dolly Makambo, qui avait écopé d’une lourde peine.
La Haute Cour militaire, avait condamné le jeudi 22 septembre 2019, Dolly Makambo ministre du gouvernement provincial de Kinshasa et des co-accusés, dans l’affaire du meurtre de l’administrateur gestionnaire du Centre de Santé Vijana situé dans la commune de Lingwala.
Suite à une altercation intervenue dans cet hôpital basé à Kinshasa entre l’administrateur gestionnaire du centre et un groupe de collaborateurs du ministre provincial de l’Intérieur de Kinshasa Dolly Makambo, un policier dans la garde du ministre avait tiré à bout portant sur l’administrateur gestionnaire qui est décèdé sur le coup. Le policier accusé d’être l’auteur du meurtre, en fuite, a été condamné à perpétuité et dégradé.
La Haute Cour militaire avait reconnu Dolly Makambo coupable d’incitation à commettre un acte contraire au devoir et à la discipline. Les co-accusés du ministre provincial avaient écopé des peines allant de deux à 10 ans de servitude pénale.
Quel sort sera réservé à la Première ministre dans le dossier du décès du policier Fiston Kabeya. Certains Congolais appellent à sa démission.
Mutuma Kuamba
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